La Renaissance de l’industrie, une stimulante parution, est née de conversations originales entre un grand industriel visionnaire, Bernard Charlès, président du Conseil de Dassault Systèmes, et un philosophe, Pierre Musso, professeur des universités et docteur en science politique.
À l’écoute de leur temps, s’appuyant sur des cultures et expériences qui s’enrichissent mutuellement, les auteurs proposent une définition de l’industrie qui ne peut laisser indemne. Il s’agit de « l’industrie comme une vision du monde consistant à projeter à l’extérieur ce qui est en soi, à la fois individuellement et collectivement ». De même insistent-ils sur ce qu’ils nomment le « bilanciel », c’est-à-dire le bilan entre ce que prend l’industrie à la nature (les externalités) et à la société et ce qu’elle leur donne (ou leur rend). Selon cette vision, le don productif doit être supérieur à la prise et à l’emprise industrielle.
Aussi, pour les auteurs, « la renaissance de l’industrie » consiste à « fabriquer, explorer et habiter » les « nouveaux mondes » artificiels crées par l’imaginaire collectif, les savoirs et les technologies, notamment celles du numérique et du virtuel. Ainsi, l’industrie qui est au cœur de nos sociétés, représente bien plus qu’un simple secteur d’activité économique, il s’agit en fait de l’activité créatrice et productrice d’une société entière.
Une nouvelle espérance
pour la « maison France »
Les ruptures qu’affrontent nos sociétés et notamment celles issues de la « révolution numérique » sont, sur bien des points, comparables à celles connues dès la Renaissance et qui eurent comme conséquences des changements profonds de perspectives. Ainsi sont nées des « bifurcations », fruits de dialogues entre artistes, savants, philosophes et industriels.
Dans cette nouvelle ère que nous connaissons, faite de ruptures techno-industrielles et écologiques, de nouvelles bifurcations devront s’opérer, qui porteront à leur tour, en s’appuyant sur une alliance avec l’art, la science et l’industrie, la renaissance de cette dernière. Dans cette perspective, une nouvelle espérance peut se nourrir pour la « maison France ». Elle dispose de bien d’atouts, avec sa riche histoire et l’excellence de ses arts et de ses lettres, pour retrouver par ses propres forces une place de premier rang dans ce combat, véritable enjeu de civilisation.