Comment repenser de nouvelles règles de jeu dans notre monde si fragmenté ?
Dans un monde multipolaire et de plus en plus chaotique, le besoin d’action collective internationale n’a jamais été aussi pressant. Mais les obstacles géopolitiques, avec une rivalité forte entre les États-Unis et la Chine, n’ont jamais été aussi nombreux. C’est à cette contradiction – et aux moyens de la résoudre – qu’est consacré le livre. Pour cela, il faut partir des archétypes qui fonctionnent dans certains domaines. Mais il faut aussi que les pays riches, qui ont érigé des normes reposant sur leurs préférences, comprennent que le monde a changé et acceptent une révision de ces normes ainsi qu’une dilution de leur pouvoir dans les organisations multilatérales, au profit des pays du « Sud global ».
Dans quels domaines est-il prioritaire de développer une nouvelle une gouvernance mondiale ?
Le système qui a été mis en place ne couvre que les domaines jugés prioritaires au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : commerce, économie et monnaie... La priorité est aujourd’hui de développer la coopération pour la gestion des communs mondiaux, le climat, la biodiversité ou encore la santé. Cela pourrait passer par des institutions basées sur un système d’expertise partagée et acceptée par le plus grand nombre, sans norme ni contrainte... comme le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
Qu’en est-il de la gouvernance dans le domaine financier et bancaire ?
La réglementation de Bâle a obtenu des résultats intéressants. Aujourd’hui, toutefois, la transformation de l’industrie financière, le développement des cryptomonnaies et des financements non bancaires interrogent les standards en place et leur capacité à garantir une stabilité financière. Et le retour de Donald Trump aux États-Unis fait craindre une évolution des banques américaines hors du système. Le secteur doit se confronter à ces nouveaux défis.