Qu’est-ce qui vous a le plus interpellé lors de votre travail sur la question du partage du pouvoir ?
J’ai été frappé par le caractère très enraciné des inégalités et par la puissance de la matrice religieuse. Malgré les récentes découvertes des neurosciences et de la psychologie comportementale, malgré les règles, les quotas et les lois, les choses peinent à évoluer franchement. C’est ce que montrent les divers témoignages recueillis, même auprès de femmes occupant des postes à hautes responsabilités. Il est évident que nous n’avons pas encore passé un point de non-retour. J’ai même senti une certaine régression, ou tout au moins une forte résistance, dans les jeunes générations ! Il faut continuer à lever les iniquités en pacifiant le débat.
Comment se positionne le secteur bancaire ?
Il s’en sort correctement, comparé à d’autres. En volume, la représentation des femmes y est importante mais elle se réduit fortement sur les postes de pouvoir. Compte tenu de la taille de ce secteur d’activité et de son lien direct avec toute l’économie et avec tous les publics, il est clair que les banques ont un rôle à jouer et doivent montrer l’exemple.
Quels sont les leviers pour parvie au partage ?
À côté des moyens techniques ou législatifs, qui ont le mérite de mettre le sujet sur la table, il faut remonter à la source, c’est-à-dire à l’éducation, la famille, l’école et l’orientation. Si l’on veut vraiment créer un nouveau modèle de développement, il faut organiser dès le départ la mixité et la diversité. Au-delà des questions de justice et d’égalité, de dignité, cette diversité est un gage de paix sociale et de performance économique. C’est même l’une des clés d’adaptation de notre économie et, plus largement, de notre société face aux défis de ce siècle.
(Lire aussi pages 38-39)