International

Un vent de consolidation souffle sur le secteur bancaire italien

Créé le

22.01.2025

-

Mis à jour le

29.01.2025

Après l’Espagne, l’Italie est au cœur de toutes les convoitises dans le secteur bancaire. Déjà engagée dans un projet de rachat sur l’allemande Commerzbank, la deuxième plus grande banque italienne Unicredit a lancé une offre publique d’achat hostile sur le numéro trois Banco BPM. Offre rejetée immédiatement par le Crédit Agricole, son premier actionnaire. L’OPA ne serait pas non plus du goût du gouvernement de Giorgia Meloni, car elle préférerait la constitution d’un troisième pôle bancaire derrière Intesa et Unicredit avec un rapprochement entre Banco BPM - à l’initiative aussi d’une OPA sur le gestionnaire italien Anima - et Monte dei Paschi (MPS).

La banque italienne Monte dei Paschi di Siena (MPS) a d’ailleurs annoncé vendredi 24 janvier une offre publique d’échange (OPE) avec Mediobanca pour un montant de 13,3 milliards d’euros. Le ministère de l’Economie et des Finances italien avait salué cette offre mais les investisseurs se sont montrés davantage circonspects et l’offre a été finalement rejetée par la banque.

Mi-novembre, l’Italie a placé sur les marchés 15 % du capital de MPS, pour un montant d’environ 1,1 milliard d’euros. « La vente de la participation du gouvernement italien dans Monte dei Paschi Di Siena est un déclencheur naturel pour la poursuite de la consolidation bancaire, car elle crée une nouvelle demande sur le marché », explique Nicola De Caro, analyste chez Morningstar DBRS. « C’est exactement ce qui s’est passé lorsque le gouvernement allemand a mis les actions de la Commerzbank sur le marché. »

MPS fait aussi l’objet des convoitises des fleurons du capitalisme italien : Delfin, la holding du milliardaire décédé Leonardo de Vecchio. A la tête d’EssilorLuxottica et Covivio, dans l’optique et l’hôtellerie, la holding est montée fin décembre à 9,8 % dans le capital de la plus vieille banque du monde tandis que l’entrepreneur romain Francesco Gaetano Caltagirone en détient une part de 5,026 %. A l’heure actuelle, le ministère de l’Economie et des Finances italien reste ainsi le premier actionnaire de la banque de Sienne avec 11,7 %, suivi par Delfin avec 9,78 %, et de Banco BPM avec 5 % : « Les mouvements de consolidation produisent souvent des réactions en chaîne parmi les banques qui, dans ces circonstances, remettent en question leur stratégie en se demandant si elles doivent continuer en tant qu’entité indépendante ou se lancer dans des fusions et acquisitions », conclut Nicola De Caro. A suivre...