Notation

Quand les agences
se penchent sur les PME et ETI

Créé le

20.04.2023

Face à des financements plus difficiles d’accès,
les rapports des agences permettent à ces entreprises d’acquérir
une meilleure lisibilité
de leur activité et
de leur stratégie.

Le contexte inflationniste dans lequel nous a plongés le conflit russo-ukrainien, via l’augmentation du coût de l’énergie et des matières premières, a conduit la Banque Centrale Européenne à revoir sa politique monétaire et à mettre fin au contexte de taux anormalement bas que nous connaissions depuis des années.

Ainsi, la remontée des taux de crédit, conjuguée à la succession des incertitudes auxquelles les entreprises ont dû faire face depuis la pandémie de Covid-19, entraîne un manque de visibilité accrue sur leur capacité à honorer leurs engagements financiers et à continuer d’investir. La hausse des taux d’intérêt et la volatilité des marchés sont synonymes d’une augmentation des risques pour la stabilité financière.

Les banques, principales partenaires financiers des entreprises, deviennent plus sélectives dans l’attribution de financements. Pour continuer à soutenir l’économie réelle dans un climat des affaires devenu incertain, les établissements financiers ont besoin d’un éclairage fiable de la qualité de crédit des entreprises.

Les agences de notation, en tant qu’entités régulées et supervisées par l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), émettent des notations indépendantes et objectives selon une méthodologie stricte, qui leur confère une position de tiers de confiance auprès des partenaires financiers.

Catalyseur de décisions

Rappelons ainsi que les rapports de notation des agences ont pour but d’expliquer les points positifs comme négatifs ayant permis de déterminer la note de l’entreprise, qu’il s’agisse de son modèle économique, de sa croissance, de son positionnement concurrentiel, de sa solvabilité, de sa rentabilité, de son endettement, de sa liquidité, de son actionnariat, ou encore de sa gouvernance.

En somme, ces rapports de notations évaluent les risques fondamentaux des entreprises en leur apportant une vision prospective et actualisée : le risque lié à l’activité, le risque financier, le risque lié à l’actionnariat et la gouvernance et le risque lié à l’environnement macroéconomique dans lequel évolue l’entité notée.

Autant d’éléments qui permettent aux chargés de clientèles de prendre des décisions concrètes pour accepter ou refuser un dossier de crédit en fonction de l’environnement économique, mais aussi d’identifier les acteurs résilients au sein de leurs portefeuilles et d’éventuels prospects.

Orienter les dirigeants

De plus, en cas de positionnement négatif de la part de la banque, les explications fournies dans le rapport de notation peuvent servir d’argumentaire pour faire passer des messages à l’entreprise et ainsi concourir à une meilleure orientation des dirigeants sur le plan financier.

Par exemple, les risques liés à l’actionnariat ou à la gouvernance de l’entreprise peuvent être parfois délicats à aborder dans une relation commerciale, et représentent pourtant un poids significatif de la notation, notamment pour des PME et ETI. La confrontation des chefs d’entreprises à ces explications peut ainsi les aider à prendre conscience de certaines faiblesses.

Enfin, soulignons que la notation de crédit est devenue un critère d’éligibilité pour accéder à certains programmes publics européens, tels que le dispositif des obligations relance en France ou les programmes régionaux en Espagne.

En favorisant l’accès à cet outil pour leurs clients, les banques leur ouvrent donc les portes vers des sources de financement complémentaires.

En somme, la notation de crédit pour PME et ETI est un formidable outil pour analyser les entreprises en allant bien au-delà des simples données financières. Cet éclairage réglementé apporte de la valeur à l’ensemble des parties prenantes en permettant aux banques de prendre les bonnes décisions grâce à une analyse indépendante, structurée et reconnue, tout en confrontant les dirigeants à la perception de leur entreprise sur la place financière pour ajuster, si nécessaire, leur stratégie.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº880