En Italie, la consolidation bancaire continue à battre son plein. Dernière péripétie en date : l’offensive de la banque d’affaires milanaise Mediobanca – cible elle-même des appétits de Monte dei Paschi – sur Banca Generali. Fin avril, la banque d’Alberto Nagel a offert 6,3 milliards d’euros pour acquérir la banque privée contrôlée par le principal assureur du pays, Generali. Un assureur dont elle est le premier actionnaire, avec 13,1 % du capital !
Pas de quoi inquiéter outre mesure Monte dei Paschi et son directeur général, Luigi Lovaglio. « Je veux être très clair : l’offre de Mediobanca sur Banca Generali ne représente pas une alternative à notre projet qui est beaucoup plus transformateur, a-t-il indiqué à l’occasion d’un entretien avec les analystes, lors de la publication des trimestriels de la banque. Notre offre a permis à Mediobanca de reprendre le contrôle de son propre patrimoine et cette opération est conforme avec nos ambitions de créer le premier institut italien ». Le directeur général de Monte dei Paschi a également souligné qu’il ne percevait pas l’offre sur Banca Generali comme un « obstacle » à l’offre de MPS sur Mediobanca.
De son côté, le numéro deux bancaire Unicredit a mis un bémol à ses appétits de consolidation. Engagé dans une opération de rachat sur son rival Banco BPM, le directeur général Andrea Orcel a indiqué à la chaîne de télévision américaine CNBC que la banque examinait la situation. Le groupe s’est en effet vu imposer un certain nombre de conditions très contraignantes en vertu du golden power, les pouvoirs spéciaux que peut exercer le gouvernement italien pour empêcher des offres de rachat sur des entreprises stratégiques. Par ailleurs, en Allemagne, Unicredit a reçu l’autorisation de la Banque Centrale Européenne de monter à 29,9 % du capital de Commerzbank. Sur le sujet, Andrea Orcel a indiqué qu’il attendait de s’engager avec le nouveau gouvernement allemand.
Hausse de 12 % des résultats trimestriels
Dans cette consolidation à marche forcée, la position du numéro un Intesa Sanpaolo n’a en revanche pas bougé d’un iota : Carlo Messina, directeur général de la principale banque italienne, qui a dépassé les attentes avec une hausse de 13,6 % de son bénéfice net au premier trimestre, a insisté sur l’importance de rester concentré sur la production de résultats pour les actionnaires. Il s’est dit convaincu de la nécessité de se tenir à l’extérieur de ce mouvement qu’il considère comme « un grand désordre ».
En attendant l’aboutissement des grandes manœuvres, les banques italiennes continuent à tirer leur épingle du jeu. Au premier trimestre, les cinq principales banques transalpines (Intesa Sanpaolo, UniCredit, Banco BPM, BPER, Banca Monte dei Paschi di Siena) ont enregistré un bénéfice net global de 6,8 milliards d’euros, en hausse de 12 % par rapport à la même période de l’année précédente, tandis que les revenus ont progressé sur la même période de 2 % en glissement annuel.