Crédit Mutuel Alliance Fédérale, le sens de la performance

Créé le

20.12.2023

-

Mis à jour le

02.01.2024

Un plan s’achève, un autre prend le relais. Crédit Mutuel Alliance Fédérale s’est fixé de nouveaux objectifs à horizon 2027, notamment en terme de résultat. À quelle fin ? « Mener la révolution écologique et sociétale ». Avec quels moyens ? IA et quantique.

Le plan « ensemble#nouveaumonde » de Crédit Mutuel Alliance Fédérale (CMAF) est un succès. Augmenté de trois fédérations sur la période (2019-2023), le groupe installé à Strasbourg fixe désormais l’horizon 2027. Ses priorités stratégiques : la croissance des activités assurantielles ; la construction d’une ligne de métier en gestion d’actifs ; le développement d’une banque de financement et d’investissement, dont les objectifs seront annoncés d’ici à l’été. Au cœur de son modèle, le groupe mutualiste vise 15 millions de clients dans ses réseaux, Crédit Mutuel et CIC, 1 million de plus qu’actuellement, dont plus de 8 millions équipés d’au moins un contrat majeur en assurance, mais aussi de téléphonie ou de télésurveillance.

Le 5e groupe bancaire français veut atteindre ainsi 19 milliards d’euros (Mds €) de produit net bancaire (PNB) d’ici 2027, ce qui, selon Fitch Ratings, implique un taux de croissance annuel composé de plus de 4 % (PNB estimé par Fitch pour 2023 : environ 16 milliards d’euros). Il se déclare également prêt à des opérations de croissance externe, en Allemagne, voire en Belgique et au Luxembourg, et dans toute l’Europe pour le crédit à la consommation. Il réfléchit enfin à transformer Monabanq, sa banque en ligne (180 000 clients actifs) qui devrait atteindre l’équilibre en 2025, en outil de conquête.

Dès la fin 2022, CMAF a réalisé l’essentiel de ses objectifs 2023. Il a même fait mieux en Common Equity Tier 1 (CET1) : 18,2 % à fin 2022 et 18,5 % à fin juin 2023, pour un objectif entre 17 % et 18 %. « Nous pensons que Crédit Mutuel Alliance Fédérale maintiendra des réserves de capital très importantes, supérieures à celles de ses pairs nationaux, indique Rafaël Quina, Senior Director, Financial Institutions de Fitch Ratings, bien qu’il ait abandonné son objectif de ratio CET1. »

Nicolas Théry, son président, estime que « Bâle 4 amputera d’1,5 point le CET1 ». Voilà qui explique en partie la génération de résultat net (RN) attendu en 2027 : 5 Mds €, dans un contexte de hausse des taux et d’augmentation possible des prêts non performants dans les mois voire les deux années à venir.

Comment augmenter de près de 43 % le RN entre 2022 et 2027 avec un PNB en croissance de moins de 10 % ? CMAF, qui dispose déjà d’un coefficient d’exploitation bas, entend encore l’améliorer, à 54 % en 2027, grâce à la croissance des revenus, à « la réduction attendue des contributions au fonds de résolution » (pour environ 1 point) selon Fitch Ratings, ainsi qu’à « des gains de productivité ciblés ».

Parmi les leviers classiques, CMAF envisage d’« optimiser son empreinte physique, en particulier dans les zones urbaines à forte densité d’agences, où il vise au moins sept employés dans 80 % des banques locales CM et des agences CIC (actuellement environ 65 %) », détaille Rafaël Quina.

Plus spécifique, le partenariat entre IBM et la filiale informatique du Crédit Mutuel, noué en 1962, s’étoffe. « Euro-Information constitue la colonne vertébrale du groupe, avec plus de 6 300 collaborateurs internes et externes, à partir de laquelle tout devient possible », explique Daniel Baal, directeur général de CMAF. L’investissement (40 millions d’euros sur 5 ans) a commencé en 2015 pour une implantation de l’outil d’intelligence artificielle (IA) Watson d’IBM dans son réseau à partir de 2017. Ainsi, 20 % des ventes sont générées par les technologies cognitives, offrant un gain de productivité de 1 715 équivalents temps plein par an.

CMAF, qui s’est doté d’une cognitive factory (150 collaborateurs), passe désormais à l’IA générative – « une IA de confiance, insiste Nicolas Théry, en avance de phase sur le texte négocié à Bruxelles ».

Le groupe, qui a privilégié un cloud privé, dispose d’un data center dans le Nord et va en ouvrir un second, certifié Tier 4 pour la protection des données, près de Dijon en 2024. Il a aussi une quantum factory qui explore différents cas d’usage. Un milliard d’investissements spécifiques, doublant l’enveloppe habituelle, sont prévus sur la durée du plan.

Solide et solidaire

CMAF entend « mettre sa performance financière au service de la société ». Cela s’illustre, pêle-mêle, par un « dividende salarié » de 15 % du RN ; une empreinte carbone réduite de 5 % par an ; un dividende sociétal de 12 % du RN en 2023 et de 15 % en 2024 ; 2,5 Mds€ mobilisés pour « la transformation écologique et la solidarité sociale et territoriale » sur la durée du plan ; ou l’Institut pour l’Environnement et la Solidarité, qui sera opérationnel au printemps sous la houlette de Laurent Berger.

La priorité du Crédit Mutuel Alliance Fédérale : accroître sa performance pour « mener la révolution écologique et sociétale ».

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº887-888
Solidité et croissance robuste
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