C’était presque trop beau pour être vrai. La banque américaine Citi a décidé de fermer son hub de Malaga, ouvert en 2022 sur la Costa del Sol, dans le sud de l’Espagne. Sur le papier, la promesse était pourtant alléchante : il ne s’agissait rien moins que d’offrir à une vingtaine de jeunes banquiers – sur un total de 3 000 candidatures – la possibilité de concilier une carrière en banque d’investissement et un cadre de vie agréable. Le faible coût de la vie ainsi que la présence d’un écosystème tech performant étaient alors utilisés par la banque pour convaincre de la pertinence de recruter des talents juniors – des analystes – dans les secteurs de la disruption numérique, la technologie, la transition écologique, etc.
Ce nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle avait certes un prix : celui d’une rémunération deux fois moins importante que dans les grands centres financiers internationaux de Londres et New York. Mais à l’époque, le contexte poussait les géants de Wall Street à trouver des solutions alternatives pour des jeunes recrues en révolte devant la centaine d’heures travaillées durant la pandémie dans les capitales financières internationales.
Des reclassements et six départs
Moins de trois ans après, force est de constater que les dynamiques ont bien changé : sous la houlette de sa directrice générale Jane Fraser, Citi a pris la décision de fermer le bureau de Malaga en avril dernier. Conséquence, selon un communiqué, de la poursuite de la mise en œuvre de « la stratégie de simplification de la société » et « de l’amélioration de son mode de fonctionnement » ! « Malheureusement, cette décision signifie que six de nos collègues de Malaga quitteront le cabinet, et nous les soutiendrons pendant ce processus » a souligné la banque, tout en précisant que de nombreux salariés du bureau de Malaga seraient transférés à Londres ou à Paris. La banque de Wall Street, deuxième acteur du marché en banque d’investissement en Espagne, en a profité pour réaffirmer que son principal site espagnol, à Madrid, où elle emploie plus de 220 personnes, n’était pas concerné par cette mesure...