L’excellence du millésime 2025 pour les banques européennes n’a pas empêché l’annonce de plans de licenciements. Au premier trimestre, la banque allemande Deutsche Bank annonçait son intention de revoir à la baisse ses effectifs dans la banque de détail à hauteur de 2 000 personnes cette année, avec des réductions dans le nombre d’agences. Engagé dans une stratégie de défense contre l’italien Unicredit, le numéro deux bancaire germanique Commerzbank se fixait aussi en février l’objectif de réduire ses effectifs à hauteur de 3 900 postes d’ici à 2027, soit quelque 9 % de sa main-d’œuvre afin de booster sa rentabilité et de lutter contre l’offre publique d’achat de son rival transalpin.
Même Santander s’y met
Dans le sud de l’Europe, le numéro un espagnol Santander, la plus grande capitalisation boursière européenne avec 146 milliards d’euros au 18 décembre, annonçait en mars la fermeture de 95 agences au Royaume-Uni, avec la suppression potentielle de 750 emplois. « Au-delà des stratégies et décisions internes propres à chacune des banques, la vague de licenciements actuelle s’explique aussi plus généralement par un environnement marqué par une pression croissante sur les revenus et un coût du risque historiquement bas dont on attend une remontée sur le court à moyen terme, explique Arnaud Journois, analyste au sein de Morningstar DBRS. L’anticipation de l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) explique aussi cette volonté de réduction de coûts. »
Marguerite Bérard frappe fort
Plus frappant encore, la banque néerlandaise ABN Amro prévoit de supprimer 5 200 emplois à temps plein d’ici 2028 dans tous les secteurs d’activité, soit plus d’un cinquième des effectifs de l’établissement. Environ la moitié de cette réduction se fera par attrition, selon les anticipations du groupe. « La décision d’ABN Amro s’inscrit à la fois dans la continuité des plans précédents, mais s’en détache par l’intensité de ce nouveau plan », explique Arnaud Journois. La banque dirigée par Marguerite Bérard souhaite notamment simplifier ses opérations et réduire le nombre de ses entités juridiques, tout en supprimant progressivement ses anciens systèmes technologiques et augmenter son utilisation de l’IA. Un rapport publié en début d’année 2025 par Bloomberg Intelligence prévoit que le recours à l’IA sur des tâches actuellement effectuées par des salariés entraînera jusqu’à 200 000 emplois supprimés par les banques mondiales au cours des trois à cinq prochaines années.