Organisation

Se réinventer pour contribuer au Green New Deal européen

Créé le

10.03.2023

-

Mis à jour le

17.07.2023

Afin de mettre tous ses métiers, et ceux de son allié Avolta spécialisé dans la Tech, au service de la décarbonation
de l’économie, Alantra a créé une division transversale coprésidée par deux anciens membres de gouvernements européens. Elle recrute aussi des spécialistes seniors
du développement durable, sans attendre les tensions prévisibles pour attirer ces profils.

«L’emprise de l’homme sur la nature est devenue telle qu’elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même [...] La nature nous apparaît de moins en moins comme la puissance redoutable que l’homme du début de ce siècle s’acharnait encore à maîtriser, mais comme un cadre précieux et fragile qu’il importe de protéger pour que la Terre demeure habitable à l’homme. » Connues, mais trop oubliées, ces paroles ont été prononcées il y a 53 ans par le président Georges Pompidou1, alors figure paternelle des années les plus insouciantes de l’après-guerre. Moins d’un an après avoir tenu ces propos, le chantre de l’« impératif industriel » créait le premier ministère de l’Environnement de l’histoire de France...

Alors que l’urgence climatique est devenue, entre temps, réalité, la prophétie de Georges Pompidou trouve aujourd’hui un écho particulier. Mais l’homme de lettres attaché au progrès technique, l’ancien banquier devenu homme d’État, le gaulliste historique et l’Européen convaincu se réjouirait peut-être de la perspective qui se dessine enfin à l’horizon européen : celle de nouvelles Trente Glorieuses ou d’un Green New Deal porté par la transition écologique et environnementale et ce nouvel « impératif » contemporain de décarboner l’économie et la finance.

Alantra a décidé de participer à l’accélération du mouvement et donc de se réinventer, pour être à même de jouer le rôle de facilitateur entre les différents acteurs et financeurs de cette transition particulièrement complexe. Son fondateur, Santiago Eguidazu, a annoncé, mi-février à Paris, la création du Groupe Transition Energétique d’Alantra, une division transversale au service de tous ses métiers, coprésidée par François de Rugy, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, et Nemesio Fernandez-Cuesta, ancien secrétaire d’État espagnol à l’Énergie et ancien président d’Eolia Renovables.

Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, ou s’en écarter le moins possible, les chiffres donnent le tournis : des milliers de milliards d’euros doivent être mobilisés et investis au cours des prochaines années, notamment dans des projets conjuguant innovation technologique, infrastructures de production, de distribution et de stockage d’énergie, et dans la transformation des entreprises. Et si rien ne se fera dans ce domaine sans la volonté des Pouvoirs publics, rien ne se fera non plus sans la mobilisation du secteur privé.

Des fondations concrètes

À l’horizon de 5 ans, Alantra estime que la transition énergétique deviendra sa plus importante « verticale » d’activité, à côté de la technologie, déjà portée par la numérisation de l’économie. C’est notamment par cette priorité stratégique donnée à la transition énergétique qu’Alantra compte atteindre ses objectifs de doublement de son chiffre d’affaires à horizon trois ans.

Tous les métiers d’Alantra et de son allié Avolta, spécialisé dans la Tech, sont concernés et vont concourir à offrir des solutions destinées à une très large gamme de clients, conseil en fusions et acquisitions et en levées de fonds propres et de dette, conseil stratégique, gestion d’actifs, mise à disposition de technologies de l’information et d’intelligence artificielle. C’est donc une réponse globale qui est désormais proposée aux besoins des investisseurs, des entreprises et des entrepreneurs engagés pour transformer leurs modèles énergétiques, encourager l’innovation durable, investir dans des technologies d’énergie propre ou des infrastructures d’énergie renouvelable. Déjà structurée pour l’Europe du Sud, elle va se décliner rapidement à l’ensemble des pays européens et des implantations d’Alantra dans le monde.

La transformation d’Alantra et la nouvelle organisation qui se met en place pour les prochaines années s’appuient sur des fondations et des réalisations déjà concrètes, comme le lancement en 2023 d’une plateforme d’investissement dans le photovoltaïque en Europe du Sud, qui collectera 1,7 milliard d’euros. Ou celui, l’an dernier, du fonds Klima Energy Transition, avec l’appui du Fonds européen d’investissement, qui finance des entreprises à fort potentiel de croissance du secteur de la transition énergétique : réseaux électriques intelligents, stockage de l’énergie, technologies d’énergies renouvelables, efficacité énergétique ou encore transport durable. Elles bénéficient également de l’expérience acquise lors des quelque 70 opérations de fusions-acquisitions et de levées de fonds conseillées au cours des cinq dernières années dans le secteur du développement durable et des énergies renouvelables.

De nouvelles compétences

Fort de quelque 65 professionnels dédiés au conseil et à l’investissement dans la transition énergétique et le développement durable au sein de ses activités, le groupe franchit actuellement une première étape, en recrutant de 15 à 20 banquiers d’affaires seniors spécialisés dans la transition énergétique en Europe. Lancés en France via un cabinet spécialisé de recrutement, voie que nous privilégions notamment pour préserver la confidentialité de ces processus, les recrutements sont validés par les associés et in fine par le board de la banque d’affaires, en veillant à attirer des professionnels partageant la démarche et les valeurs entrepreneuriales d’Alantra. Au contraire de la Tech, il n’existe pas – ou pas encore – de tension excessive sur le marché des spécialistes des énergies renouvelables ou de l’économie verte et du développement durable : raison de plus pour ne pas attendre ! Je me réjouis des nominations déjà annoncées.

Alantra peut aussi compter sur un autre atout distinctif qu’il détient depuis sa prise de participation majoritaire à la fin de l’année 2022 dans la société Deko Data, dont l’objectif est d’aider les entreprises à créer de la valeur grâce à des solutions d’analyse des données et d’intelligence artificielle. Cette équipe a déjà mené plus de 200 projets dans ce domaine, en particulier en conseillant des entreprises globales dans l’énergie et les services collectifs.

Ces compétences et ces expertises vont permettre au groupe de déployer rapidement son offre au service de la décarbonation de l’économie, au moment où émergent quantité d’innovations technologiques et de projets entrepreneuriaux dans le domaine de la production et de la gestion de l’énergie et des nouveaux modèles d’entreprises plus sobres, circulaires, pariant sur la réutilisation, le recyclage ou mettant en valeur le développement durable...

Une exigence renforcée

Parallèlement, de nouvelles réglementations européennes renforcent l’exigence environnementale, sociale et de gouvernance demandée à l’ensemble des entreprises et des acteurs financiers. Ces nouvelles règles du jeu complètent le système d’incitations et de taxes vertes créées par les Pouvoirs publics. De leur côté, les bailleurs de fonds publics s’impliquent également, de même que les collectivités locales, de plus en plus. Une nouvelle forme d’économie « mixte » – néanmoins moins étatisée que celle des années 1970 – se met progressivement en place. Il faudra pouvoir comprendre et décrypter ce nouvel environnement, afin d’aider nos clients à jouer de la complémentarité des secteurs public et privé, pour accélérer et amplifier leurs projets. La création du Groupe Transition énergétique d’Alantra coprésidé par François de Rugy et Nemesio Fernandez-Cuesta est notre meilleure réponse à ce défi.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº879
Notes :
1 « Le discours de Chicago », 28 février 1970.