L’équilibre hommes-femmes dans la banque européenne souffle le chaud et le froid. Selon une étude réalisée par l’agence de notation Morningstar DBRS, les femmes représentaient en moyenne 41 % des sièges dans les conseils d’administration en 2024. Soit une hausse de trois points depuis l’introduction des exigences réglementaires européennes en novembre 2022, dans la directive UE 2022/2381 relative à un meilleur équilibre entre les femmes et les hommes parmi les administrateurs des sociétés cotées. Ce texte prévoit que 40 % au moins des postes d’administrateurs non exécutifs et 33 % de tous les postes d’administrateurs dans les sociétés cotées soient occupés par des femmes d’ici à 2026. Selon Morningstar DBRS, 50 banques – sur un échantillon de 62 – se conformaient aux exigences européennes, un chiffre en hausse de 14 % depuis 2022. La réglementation a donc eu son efficacité.
Postes de direction : un tiers
de femmes en France
Par effet de dominos, la représentation des femmes aux postes de directions des banques s’est également accrue. Avec toutefois des chiffres bien inférieurs. Fin 2024, les femmes dirigeantes constituaient 27 % des équipes de direction dans les banques de l’Union européenne. À l’image de la Norvège et de la Suède, la France fait partie des très bons élèves, en affichant un taux de 33 %. En queue de peloton, la Grèce, l’Autriche et l’Italie affichent moins de 20 % des femmes à des postes de direction.
À l’étage supérieur, dans les postes de direction générale (DG), l’équilibre hommes-femmes reste très loin d’être atteint. L’étude de Morningstar DBRS pointe même un déclin du nombre de femmes ayant accédé aux plus hautes fonctions des banques européennes depuis 2022. Au cours des deux dernières années, seule Bettina Orlopp a accédé au poste de CEO, au sein de la banque allemande Commerzbank. À l’inverse, Alison Rose a laissé les rênes de la britannique Natwest à Paul Thwaite en juillet 2023, tandis que Carina Akerström, directrice générale de Handelsbanken, a passé le relais à Michael Green, en poste depuis le 1er janvier 2024.
L’effet boule de neige des femmes DG
Selon l’agence de notation, la présence de femmes au poste de DG dans les banques est importante, dans la mesure où elle contribue à un meilleur équilibre hommes-femmes dans les plus hautes sphères de ces établissements : ces trois dernières années, les banques ayant à leur tête une directrice générale affichaient un nombre de femmes au-dessus de la moyenne, aussi bien dans les conseils d’administration que dans les équipes de direction. Un exemple à l’appui : l’espagnole Bankinter, dont la direction générale est confiée à des femmes depuis 2010, avec María Dolores Dancausa, puis Gloria Ortiz. L’établissement compte plus de 60 % de femmes aussi bien au conseil d’administration que dans l’équipe de direction. Avant 2010, ces pourcentages étaient respectivement de 10 % et 30 %...