Demande de précisions sur un état réglementaire, questionnaire thématique à remplir, annonce d’un contrôle sur place... Quel banquier ou assureur n’a pas déjà reçu une demande émanant de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ? Après plusieurs années d’expérience au sein d’institutions financières, pourquoi ne pas passer de l’autre côté du miroir ? L’ACPR offre de nombreuses opportunités pour des personnes ayant une expérience plus ou moins longue dans le secteur financier. Les profils nécessaires à la conduite de la supervision sont divers : scientifiques ou actuaires, statisticiens, juristes, fonction de conformité ou même profils généralistes. Toutes les compétences peuvent être mises à profit dans ses missions d’intérêt général, le plus important étant d’adopter la posture propre aux métiers de la supervision, qui nécessite rigueur, curiosité, développement de l’esprit critique, fermeté et sens du service public.
La moitié des directions de l’ACPR (voir l’encadré) est en charge du contrôle prudentiel. Les contrôleurs vérifient le respect des dispositions législatives et réglementaires applicables mais surtout procèdent à une analyse du profil de risque de chaque entité. Les modalités de ce contrôle sont multiples en fonction de la nature et de la taille de l’entité supervisée. L’ACPR est responsable du processus de supervision ou l’exerce au sein d’équipes de supervision conjointes avec la Banque Centrale Européenne (BCE), au sein du Mécanisme de surveillance unique (MSU) pour les groupes bancaires de grande taille.
Le contrôle s’effectue sur pièces, par l’analyse de données transmises par les entités supervisées à fréquence régulière ou ad hoc et lors d’entretiens, ou sur place, au cours d’inspections le plus souvent dédiées à une thématique précise.
Une direction est spécifiquement dédiée au contrôle des dispositions relatives à la lutte antiblanchiment et contre le financement du terrorisme et une autre, au contrôle des pratiques commerciales. La direction des autorisations est, quant à elle, en charge des agréments et autres autorisations au cours de la vie des entités, notamment les prises de contrôle, les restructurations et les changements de dirigeants, dans les deux secteurs. Et la direction de la résolution prépare les plans préventifs de résolution et, le cas échéant, suit les entités confrontées à une situation de crise grave, pour assurer une gestion ordonnée de celle-ci.
En plus des équipes de support (finances et budget, ressources humaines et informatiques, communication), les services de contrôle s’appuient sur l’expertise d’autres directions opérationnelles, telles que les affaires juridiques, les affaires internationales, en charge de négocier l’évolution des textes applicables aux entités du secteur financier, la direction des études et d’analyse des risques, traitant des questions transversales concernant les deux secteurs (y compris recherches microprudentielles) et organisant les tests de résistance et, enfin, le pôle Fintech-Innovation, qui accueille, oriente les porteurs de projets innovants dans la régulation financière et évalue les enjeux liés à la transformation digitale et aux innovations technologiques pour les secteurs de la banque et de l’assurance.
En complément de ce dispositif, le service de la Commission des sanctions assure la fonction de greffe et la mise en état des dossiers de procédure disciplinaire devant cette Commission.
L’organigramme de l’ACPR suffit à illustrer la diversité des profils des personnes travaillant au sein de l’institution. Ce qu’il ne permet pas de mettre en lumière cependant est la richesse des parcours et les opportunités offertes aux collaborateurs.
Des formations pour évoluer
Quels que soient l’expérience et le diplôme de la personne recrutée, l’ACPR offre un parcours de formation riche et complet à tous ses agents. Car les efforts de formation permettent de maintenir une expertise de premier plan, les activités de l’ACPR se caractérisant par une évolution permanente de l’environnement juridique mais aussi des secteurs supervisés. Les fonctions de contrôle nécessitent en plus une posture qui ne peut s’apprendre qu’au sein d’une autorité de supervision.
Même une personne expérimentée n’aura pas eu l’occasion d’aborder l’ensemble des sujets à couvrir dans le cadre du contrôle d’une entité supervisée. C’est l’intérêt des postes offerts notamment au sein des directions du contrôle, qui est souvent souligné par les personnes recrutées après plusieurs années dans le secteur privé : la possibilité d’avoir une vision très large des activités d’une ou de plusieurs entités, de suivre leur évolution dans le temps et en fonction de l’actualité, en ayant pour interlocuteurs les dirigeants et les cadres seniors des entreprises contrôlées. Cet effort de formation est constant au cours de la carrière, lors de la mise en œuvre de nouvelles dispositions (les exemples les plus récents concernent l’intégration du changement climatique dans les cadres prudentiels ou l’analyse du risque cyber avec la mise en œuvre de DORA) ou lors d’un changement de poste.
Des parcours professionnels diversifiés
Les efforts de formation favorisent également les parcours professionnels riches et diversifiés. Car une autre spécificité de l’autorité est d’offrir la possibilité aux agents d’évoluer au sein de la structure, en fonction des aspirations de chacun. Les opportunités sont multiples et ne se limitent pas aux postes managériaux. Il est fréquent, pour les contrôleurs bancaires, d’intégrer un service de contrôle assurance, et inversement. Il s’agit de permettre aux agents de développer leurs compétences, tant techniques qu’humaines, et d’enrichir mutuellement les pratiques de contrôle liées à des secteurs différents. Il est possible également d’évoluer vers des fonctions transverses (de type études et modélisations ou négociations internationales) et des fonctions supports. De telles mobilités internes améliorent la capacité à travailler en transversal, pour mener à bien les activités de l’autorité.
Les agents de l’ACPR peuvent par ailleurs choisir d’effectuer des missions de plusieurs mois à plusieurs années au sein d’autres autorités de contrôle bancaire ou assurantiel, ou d’autres institutions européennes. Ainsi, en particulier dans le cadre du MSU, est offerte la possibilité de travailler sur des projets d’intérêt dans les autres autorités ou banques centrales nationales, et à la BCE pendant 6 à 9 mois. Des détachements ou des mises à disposition d’agents à la Commission européenne, à la BCE, à l’Autorité bancaire européenne (EBA) ou à l’Autorité européenne des assurances et pensions professionnelles (EIOPA) constituent également une opportunité supplémentaire... Les agents de l’ACPR contribuent ainsi à l’influence de la France, en Europe et à l’international.
Enfin, l’ACPR étant adossée à la Banque de France, des opportunités d’évolution de carrière sont aussi offertes en son sein. Une large palette de métiers est accessible, allant de la surveillance d’infrastructures de marché, à la cotation des entreprises, en passant par les négociations liées aux travaux du NGFS (réseau des banques centrales pour le verdissement du système financier), et bien d’autres possibilités encore. Toutes les compétences développées à l’ACPR, et en particulier les soft skills, sont autant d’atouts prisés par les autres directions générales de la Banque de France.
Intégrer l’ACPR, c’est plus qu’œuvrer à la stabilité financière et à la protection de la clientèle, pour le bien commun. C’est aussi s’offrir des opportunités de carrière sur le long terme, en évoluant dans un environnement dynamique et en développant ses compétences sur la durée.
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) est en charge de la supervision des différents acteurs des secteurs de la banque et de l’assurance. Elle contribue au maintien de la stabilité financière et veille à la protection de la clientèle. Adossée à la Banque de France, qui est l’employeur de son personnel, l’ACPR compte plus de mille collaborateurs répartis en une douzaine de directions.