Dans le palmarès européen des banques en matière d’égalité des genres aux plus hautes fonctions de l’entreprise, certains pays jouent les premiers de la classe. En Espagne, la présidente du numéro un espagnol Santander, Ana Botin, fait figure de porte-drapeau de la féminisation dans les banques, aux côtés de Maria Dolores Dancausa et Gloria Ortiz, respectivement présidente et directrice générale du numéro six Bankinter. Le numéro deux BBVA, qui a nommé Luisa Gomez Bravo à l’été 2023 directrice financière, compte 34,7 % de femmes aux postes de direction, avec un objectif de 36,8 % à horizon 2026, tandis que Santander affiche 31,4 % de femmes dirigeantes, et vise 35 % à horizon 2025. Les deux géants font moins bien que la première banque domestique, CaixaBank, dont 43 % des postes de direction sont pourvus par des femmes.
En Italie, la loi Golfo Mosca, du nom de l’eurodéputée Alessia Mosca et votée en 2011, a eu des effets remarquables sur le nombre de femmes au sein des sociétés cotées. Elle a permis de porter à 40 % leur présence dans les conseils d’administration des sociétés cotées, comparé à un objectif initial d’un tiers. Le numéro un Intesa Sanpaolo (ISP) compte aujourd’hui 42,1 % de femmes au sein de son conseil d’administration tandis qu’Unicredit en affiche 46 %. Ces pourcentages restent néanmoins plus bas pour les postes de directions générales (DG), avec 27,1 % chez ISP et 21 % chez Unicredit.
En Allemagne, Deutsche Bank vise 35 % de femmes dirigeantes d’ici 2025, contre 32,3 % fin 2023. L’an dernier, la première banque allemande a subi un revers avec le départ de Christiana Riley de ses fonctions de DG des activités américaines ainsi que de son poste d’administrateur. Depuis, Deutsche Bank ne compte plus qu’une femme, Rebecca Short, responsable des opérations (COO) au sein du CA. D’autres recrutements ont néanmoins eu lieu à des postes de management : Alison Harding-Jones, responsable mondiale des fusions-acquisitions, ou encore Laura Padovani, responsable de la conformité du groupe. De son côté, le numéro deux Commerzbank porte l’ambition de 40 % de femmes à des postes de direction en 2030. Le prêteur, dont le poste de directeur financier est occupé par Bettina Orlopp, en comptait 36,1 % fin décembre.
Poussée par la réglementation
De façon générale, la réglementation européenne pousse à une meilleure représentation des femmes. D’ici juillet 2026, toutes les grandes entreprises cotées en bourse dans l’Union européenne (UE) devront prendre des mesures pour augmenter leur présence à leur tête. Selon le texte, au moins 40 % des postes d’administrateurs non exécutifs ou 33 % de tous les postes d’administrateurs devront être occupés par le sexe sous-représenté d’ici juillet 2026.
Outre-Manche, les banques continuent aussi à montrer la voie au sein du secteur financier. HSBC est parvenu à un objectif de 35 % de femmes dans des postes de direction avant la date prévue (2025) et Goldman Sachs International a atteint 30 %. Mauvais points en revanche pour Natwest, qui reste en deçà des 42 % visés, selon la dernière édition du Women in finance Charter Annual Review.
En moyenne, sur 62 banques en Europe, les femmes représentaient 38 % des sièges au conseil d’administration en 2022. Seules 4 occupaient le poste de DG dans le secteur bancaire, selon une étude Morningstar DBRS publiée fin 2023. Parmi elles : Carina Akerstrom’s, DG de la troisième banque suédoise Svenska Handelsbanken AB et Kjerstin Braathen, DG de la banque norvégienne DNB Bank ASA. Alison Rose, DG de Natwest, a été contrainte de démissionner de son poste durant l’été 2023 à la suite de son implication dans l’affaire de la fermeture des comptes de l’homme politique Nigel Farage, client d’une filiale de NatWest, Coutts.
Ce décalage entre les genres se répercute sur les rémunérations : selon une étude de l’Autorité bancaire européenne (EBA) publiée le 25 avril, les femmes représentent moins de 10 % de l’ensemble des rémunérations les plus importantes, soit 194, sur un total de 2 342 au sein des banques européennes.