RESSOURCES HUMAINES

Emploi dans la banque : ce qui a changé en 2024

Créé le

21.07.2025

-

Mis à jour le

24.07.2025

Toujours de la demande dans la relation clients, moins de postes dans l’informatique : tel est le constat de l’évolution du marché dans le secteur bancaire dans l’Hexagone. Détails.

La baisse n’est pas spectaculaire, mais c’est la première depuis 2021. Les effectifs de la banque recensés au sein des adhérents de la Fédération bancaire française (FBF, actionnaire de Revue Banque) se montent en 2024 à 373 600 personnes. Pour mémoire, ce chiffre était de 366 800 en 2021 et de 375 100 en 2023.

En 2024, les banques de la FBF, soit 93 % du secteur, ont embauché, hors alternants, près de 38 600 personnes, majoritairement en contrat à durée indéterminée. Ces embauches reculent depuis 2022, période à laquelle elles avaient connu un plus haut : elles avaient alors été évaluées à 49 000. Cette évolution des embauches est à mettre en miroir de celle des effectifs totaux, pour l’ensemble des métiers du secteur. Ils sont en baisse de 0,7 % en 2024 par rapport à 2023, après une légère hausse en 2023, de 0,2 %. L’alternance occupe depuis 2018 une place grandissante, mais cette progression semble se tasser en 2024. Elle reste quasi identique d’une année sur l’autre, avec 19 800 personnes en 2024, comparé à 19 700 en 2023.

Des écarts selon les typologies de banques

Dans le détail des acteurs, distinguons deux typologies. D’abord, la branche banque commerciale, c’est à dire les entreprises adhérentes de l’Association française des banques. Elle comptabilise de son côté 190 100 salariés, soit 50,9 % du total. Ses effectifs enregistrent chaque année une baisse constante depuis plus d’une dizaine d’années. En 2024, cette baisse est de -1,7 % par rapport à 2023. Cette banque est souspondérée dans les embauches en 2024 (18 600, soit 48,2 % du total), mais surpondérée dans l’apprentissage (10 800, soit 54,5 %). L’autre périmètre de la banque correspond schématiquement au secteur mutualiste. A contrario, ce segment a plus embauché (20 000 postes) et a eu moins recours à l’alternance que sa sœur (9 000 postes).
Côté activité, la relation client constitue la majorité des postes : elle regroupe 55,9 % des effectifs. La proportion d’emploi dans ces métiers est en hausse, elle était de 53,9 % en 2023 . L’informatique arrive en deuxième position, en légère baisse, à 12,9 % des effectifs. A noter, ces deux métiers sont sensibles à l’intelligence artificielle, mais les collaborateurs n’émettent pas de réserves fortes à son usage (voir encadré).

Un secteur féminin

Les emplois sont majoritairement occupés par des femmes (57 % de l’effectif de la branche banque), en contrat à durée déterminée. 65,1 % de ces femmes sont cadres et elles occupent ces postes à quasi-parité avec les hommes : elles représentent 50,4 % des cadres.

Dû auparavant principalement aux départs à la retraite et aux démissions, le turn over paraît marquer le pas. Les démissions sont passées de 8 400 en 2022 à 5 800 en 2024. Quant aux départs à la retraite, ils demeurent plutôt constant depuis 2019, aux environs de 3 200, après avoir atteint près de 6 000 en 2014 et 2015. La FBF relève d’ailleurs “une baisse de 6 % des départs” en 2024.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº907
L’intelligence artificielle, plus vécue comme une opportunité
Dans une étude publiée en avril, L’Observatoire des métiers de la banque soulignait “l’absence de crainte majeure face à l’utilisation de l’Intelligence Artificielle Générative”. Tel était le constat tiré d’entretiens avec les collaborateurs, précisant que “la majorité d’entre eux considère cette technologie comme une opportunité d’améliorer leurs conditions de travail”.
Les difficultés anticipées concernent principalement la nécessité d’une supervision humaine dans le cadre d’activités aussi sensibles. Les craintes exprimées se situent, elles, du côté d’une adoption trop rapide de ces outils, qui en engendrerait une mauvaise maîtrise.
Les personnes interrogées ont également insisté sur le fait que les “jeunes collaborateurs” devaient continuer à effectuer des “tâches simples” lors de la phase d’apprentissage car “elles leur permettent d’acquérir une compréhension approfondie des processus métiers et de développer une expertise pratique”. L’idée est de veiller à conserver compétences et expertises, et notamment pour les tâches effectuées avec l’assistance de l’intelligence artificielle.