Césure professionnelle,
le bon choix de l’année

Créé le

24.05.2024

-

Mis à jour le

27.05.2024

Travailler, voyager ou faire du volontariat : réaliser une année de césure durant ses études est de plus en plus fréquent. Opter alors pour une expérience professionnelle est une décision stratégique pour une carrière. Et le choix d’Océane, désormais en Master de finance internationale et en alternance à La Revue Banque. Retour d’expérience, à la première personne du singulier.

Le diplôme du Master est une porte d’accès à certaines professions mais ne suffit dans un marché de l’emploi où la demande est croissante et les étudiants toujours plus nombreux, notamment dans le secteur bancaire et financier. Il faut savoir se démarquer. Pour allier théorie et pratique, j’ai fait le choix d’une césure professionnelle.

Intéressée par les fonds d’investissement, j’ai travaillé pendant un an comme fund accountant chez Caceis (groupe Crédit Agricole), après avoir obtenu ma licence Banque-Finance. Une prise de recul que je recommande à tous les étudiants. En tant qu’asset servicer, Caceis propose ses services d’administration de fonds auprès des sociétés de gestion, banques, compagnies d’assurance, etc.

Travailler pour un grand groupe bancaire à ses avantages et ses inconvénients. La hiérarchie y est assez marquée (N+1, N+2...), les horaires contrôlés avec un système de badging, un étage dédié à la même profession en open space qui apporte une atmosphère conviviale, des locaux modernes sur le campus Evergreen de Montrouge et des primes d’intéressement et participation assortis d’un système d’abondement avantageux. Notre rôle : contrôler et calculer quotidiennement la VL (valeur liquidative) des portefeuilles, ce qui correspond au prix de souscription (achat) ou de rachat (vente) d’une part, afin que celle-ci soit ensuite transmise aux autorités financières (AMF) puis publiée sur les plateformes d’investissement. En bout de chaîne (back-office), les comptables OPCVM (organismes de placement collectifs en valeurs mobilières) ont pour rôle de valoriser les fonds d’investissement : comptabiliser toutes les transactions liées à ces derniers comme l’achat/vente de produits financiers (actions, obligations, ETF, parts de fonds, titre non coté, dérivés), le traitement des OST (opérations sur titres) tels que le paiement des dividendes, détachement de coupons, calcul d’appels de marge, etc. Un autre aspect plus réglementaire est la production de reportings (dossiers de clôture pour les commissaires aux comptes (CAC). Le valorisateur doit tout contrôler afin que les titres, le passif (souscription et rachat) et l’espèce soient comptablement identiques entre le dépositaire lui-même (Caceis) et la société de gestion ou la banque.

La rigueur au rendez-vous

Ce sont des professions très procédurales, dans un système de finance intermédiée/centralisée où les institutions financières jouent un rôle déterminant, à l’opposé de la finance désintermédiée/décentralisée. J’ai eu aussi l’occasion de recueillir d’intéressants témoignages de salariés seniors : comptabilisation à la main, visites en personne des CAC, boursicotage pendant les horaires de travail, avant que la réglementation l’interdise...

Grâce à cette année de césure, étant en contrat à durée déterminée (CDD) et non en stage, j’ai pu me créer un portefeuille diversifié à mon échelle avec des parts de fonds, actions, ETF et cryptos. L’approche back-office est une très bonne école pour débuter dans la finance. Au regard de mes centres d’intérêt, cette expérience m’a permis d’obtenir une meilleure connaissance des fonds d’investissement, des infrastructures de post-marché et des activités connexes de Caceis : partenariats avec des start-up, collaborations avant-gardistes afin de tester des technologies disruptives tels que la blockchain ou l’IA.

Si la rétention est un sujet délicat pour les ressources humaines, la possibilité de combiner études et pratique professionnelle est un grand atout pour un jeune. S’il est bien géré, un turnover, même élevé, n’est pas forcément néfaste dans un environnement en perpétuelle transformation.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº893