Crédit Mutuel Arkéa revendique une croissance de 16 % de ses effectifs ces 8 dernières années, alors que la Fédération Bancaire Française (FBF, actionnaire de La Revue Banque) constate une baisse de 7 % des effectifs des banques sur cette même période. Comment l’expliquer ?
Notre dynamique de recrutement découle du modèle singulier de notre groupe bancaire de taille intermédiaire et de notre bonne santé financière. Chaque jour, nous cultivons l’ambition de développer un modèle de banque coopérative et territoriale, qui apporte la meilleure réponse aux aspirations et modes de vie. Nous avons la conviction que cette approche constitue la principale source de progrès et la meilleure réponse aux défis sociétaux, technologiques et environnementaux. Nos résultats financiers solides sont la preuve concrète de la robustesse de notre modèle, et nous permettent de continuer à nous développer et donc à recruter.
Le groupe a adopté la qualité d’entreprise à mission il y a deux ans. Quel est l’impact pour les ressources humaines ?
L’adoption de la qualité d’entreprise à mission a généré un sentiment de fierté de la part des collaborateurs qui se retrouvent pleinement dans les engagements du groupe qu’ils ont co-construits. Ils sont 90 % à se dire satisfaits d’y travailler. L’attention portée au bien-être des collaborateurs a toujours été un sujet prioritaire pour la direction qui interroge chaque année les collaborateurs du groupe sur l’expérience vécue et la qualité de vie au travail. Nous sommes aussi attentifs à l’employabilité de nos collaborateurs et les accompagnons dans leur progression tout au long de leur carrière. Ce sont autant d’atouts qui font qu’ils se sentent bien au sein de l’entreprise.
D’un point de vue externe, la qualité d’entreprise à mission est un véritable facteur d’attractivité. Depuis, nous avons connu une hausse significative de plus de 35 % des candidatures. Aujourd’hui, la quête de sens au travail est un facteur prioritaire pour la majorité des candidats, on le voit particulièrement auprès des jeunes générations qui sont à la fois en quête de sens dans leur travail mais aussi très attentives à leur équilibre de vie.
Crédit Mutuel Arkéa a annoncé il y a quelques mois la constitution d’un Comité exécutif (Comex) paritaire. Qu’est-ce que cela change finalement ?
L’atteinte d’une parité parfaite au niveau du Comex du groupe est le fruit d’une politique volontariste inscrite au cœur de la stratégie globale depuis 2016. Fondée sur une approche collaborative et inclusive, elle a eu un impact concret à la fois sur la culture d’entreprise et sur l’organisation du travail. Les résultats de ces démarches volontaristes sont probants : le groupe compte 38 % de femmes cadres dirigeantes et cadres de direction, contre 18 % seulement en 2016 ; la progression du nombre de femmes directrices d’agence et directrices d’unité territoriale est également significative puisqu’elles sont aujourd’hui 46 % dans ces fonctions contre seulement 30 % en 2016. L’index d’égalité professionnelle est de 93/100. Nous ne relâchons pas nos efforts car le chemin vers l’égalité professionnelle réelle entre les femmes et les hommes est encore long. L’expérience réussie sur la mixité ouvre aujourd’hui la voie à une stratégie globale de diversité et d’inclusion. Un sondage a été réalisé pour la première fois auprès de l’ensemble des salariés pour dresser une cartographie de l’inclusion et de la diversité au sein du groupe. Des plans d’actions seront déployés sur sept dimensions prioritaires et déclinés jusqu’en 2030, dans le cadre de notre nouveau plan stratégique.
Crédit Mutuel Arkéa dispose de centres de décisions en région, notamment en Bretagne – où se situe votre siège social – et dans le Sud-Ouest. Se définir comme une banque ancrée dans les territoires, est-ce un atout ?
En effet, le Crédit Mutuel Arkéa a la particularité d’être un employeur principalement basé en région : près de 78 % des effectifs du groupe sont basés en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine. Nous employons plus de 3 500 collaborateurs sur le bassin brestois, là où est situé le siège social du groupe et les sièges sociaux de certaines de nos filiales. C’est à la fois une fierté et une responsabilité de contribuer significativement à la vitalité des emplois sur ces territoires. Bien que les régions de l’ouest de la France attirent facilement, notamment pour le cadre de vie, nous sommes aussi parfois confrontés à la difficulté d’attirer des talents, notamment sur certains métiers en tension. Généralement, lorsque des nouveaux collaborateurs rejoignent le Crédit Mutuel Arkéa, ils y restent car nous les accompagnons tout au long de leur carrière.
Quels sont les métiers particulièrement en tension ?
Les métiers de l’informatique au sens large sont en tension mais nous avons un certain nombre d’atouts pour attirer les candidats. Outre la qualité de notre modèle social et notre ancrage territorial, les candidats sont particulièrement intéressés par la culture d’innovation du Crédit Mutuel Arkéa. Nous sommes également à la recherche de profils dans les métiers de l’audit, des risques ou encore du contrôle mais aussi de chefs de projets MOA ou produits par exemple. Nos fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne et du Crédit Mutuel du Sud-Ouest recrutent régulièrement des conseillers bancaires. Ce métier est particulièrement intéressant en termes de contenu, de relation clients et d’accompagnement des projets, en proximité avec nos sociétaires et clients et nos territoires.
Quels sont vos leviers pour attirer et conserver ces talents ?
Pour attirer de nouveaux talents, nous nous appuyons sur tout un éventail d’outils, au-delà de notre site dédié au recrutement. Nous avons l’habitude de publier nos offres sur LinkedIn et sur des sites d’emplois très dynamiques comme la plateforme Welcome to the jungle ou encore Agefiph, pour nous rendre plus visibles auprès de travailleurs en situation de handicap. Selon nos besoins, nous participons régulièrement à des job dating et salons de recrutement, notamment pour attirer les 1 000 alternants. que nous accueillons chaque année.Au sein du Crédit Mutuel Arkéa, les métiers sont très variés et nous accompagnons les collaborateurs qui le souhaitent à changer de métier. En 2023, plus de 1 300 de nos collaborateurs ont franchi le pas de la mobilité. Parmi les nombreux dispositifs mis en place, je peux citer l’exemple du programme JUMP, une formation diplômante qui a permis à une douzaine de collaborateurs de changer de métier pour devenir chef de projet MOA, un métier en tension.
En parallèle, le Crédit Mutuel Arkéa propose à ses collaborateurs des dispositifs de mobilités internes, lui permettant de conserver ses talents.