Un accélérateur du financement du besoin de fonds de roulement

Créé le

16.04.2024

L’open finance permet un accès à des données brutes et granulaires en temps réel. Couplée avec le machine learning et l’intelligence artificielle, elle constitue un atout pour la trésorerie des entreprises. Quelques fintechs complètent ainsi les solutions traditionnelles.

Le financement du besoin de fonds de roulement (BFR) des petites et moyennes entreprises (PME) est un segment historiquement difficile à servir pour le secteur bancaire. Relativement aux capitaux propres d’une PME, le BFR peut représenter un montant élevé. Son financement nécessite donc de pouvoir estimer finement le risque de solvabilité des PME et d’accepter de prendre une exposition plus élevée sur les PME que pour des crédits d’investissement.

Or, la solvabilité d’une PME peut être délicate à appréhender : la principale source d’information est la liasse fiscal, alors qu’entre deux clôtures comptables, la situation financière d’une PME peut s’améliorer ou se dégrader substantiellement. Par ailleurs, la durée des contrats de financement de court terme (environ 2 ans pour l’affacturage) rend difficile, pour les acteurs traditionnels, l’amortissement de leurs coûts opérationnels et d’acquisition.

Deux solutions ont émergé dans les années 1970, l’affacturage et le reverse factoring. Ces solutions sont très utiles au financement de l’économie. À lui seul, l’affacturage répond à plus de 400 milliards d’euros de BFR chaque année. Les factors ont par ailleurs développé des expertises fortes sur l’analyse des factures, les risques de fraude ou de dilution. Mais ces solutions concernent moins de 20 % des PME (hors micro-entreprises) et des établissements de taille intermédiaire (ETI), et une partie de leur poste clients. Enfin, elles consistent moins à prendre des risques sur la PME cliente que sur ses contreparties commerciales.

L’open finance donne la possibilité d’évaluer la solvabilité de l’entreprise cliente elle-même, révolutionne le financement des postes clients et fournisseurs des PME. Elle permet un accès en temps réel à leurs données bancaires, comptables et financières. Couplée avec une approche technologique et des algorithmes d’intelligence artificielle, des acteurs – souvent des fintechs – ont développé des infrastructures technologiques en mesure d’accéder à ces données avec le consentement du client, de les standardiser, d’estimer la solvabilité des entreprises elles-mêmes et le montant qu’il est possible de leur prêter en quelques secondes.

Des enjeux colossaux

Cela conduit à une éligibilité plus large des entreprises, des factures ou bons de commande à financer et à une meilleure adaptabilité aux cycles d’activité des PME. Enfin, ces solutions reposant sur l’open finance et l’IA constitue un moyen d’automatiser et de personnaliser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’octroi d’un financement de court terme, permettant d’excellentes rentabilités, grâce à de moindres coûts opérationnels et à une amélioration du coefficient d’exploitation.

L’open finance invite également à moderniser la distribution des financements. Elle repose notamment sur l’exploitation de données financières préexistantes. L’open finance invite donc à proposer des financements accessibles directement depuis les outils financiers déjà utilisés par les PME (banque en ligne, outils comptables, logiciel Enterprise Ressource Planning – ERP −, marketplace), au moyen d’API. Pour les PME, cette offre embarquée, l’« embedded finance », permet un gain de temps, et donc de productivité, une meilleure expérience utilisateur et de faibles coûts d’acquisition clients.

Les enjeux sous-jacents à l’émergence de nouvelles solutions de financements du BFR des PME et ETI sont colossaux. Pour n’en citer que trois : soutenir le tissu économique et l’emploi (une PME sur quatre fait faillite par manque de solution de financement de son BFR), faciliter la montée en cadence des filières industrielles, dont l’un des principaux enjeux est de trouver des solutions de financement à la croissance de leur BFR et soutenir l’activité à l’export des PME, qui peinent à trouver des financements des postes clients étrangers.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº892