Cherche collaborateur(s) désespérément

Créé le

03.10.2025

Plus de trois semaines après sa nomination, Sébastien Lecornu n’avait pas formé de gouvernement. Preuve que le marché de l’emploi s’est considérablement durci ces derniers temps ! Un marché du travail déséquilibré, avec une pénurie côté demande, révèle souvent d’innombrables problématiques du côté de l’offre. Il y a notamment les questions du projet global et de l’attractivité. Côté ministériel, la liste des acceptants sera intéressante à regarder alors que l’épée de Damoclès de la dissolution pèse déjà sur la tête des impétrants.

Un marché de travail déséquilibré côté demande n’est pas une bonne nouvelle d’un point de vue économique. Car des postes non pourvus nuisent à la croissance. En allant voir Jean-Hervé Lorenzi, le président du Cercle des économistes et organisateur des fameuses rencontres économiques d’Aix-en-Provence, nous avions prévu de parler des tendances et des ruptures. Et voilà que le marché du travail est entré de plain-pied dans nos échanges. « Les populations s’estiment aujourd’hui comme méprisées, écartées de l’évolution économique et sans perspectives évidentes » : le constat est amer...

Pas facile d’être directeur des ressources humaines ! Les enjeux de ces professionnels sont aujourd’hui multiples. Pour recruter, réorienter, fidéliser. Marques employeur, télétravail, troubles psychosociaux... autant de termes dont il était peu question il y a de cela vingt ans. Pour ce dossier, nous sommes allés chercher nos contributions dans de jolies maisons : Banque de France, BNP Paribas, Société Générale... sans oublier l’APEC, pour avoir un regard extérieur !

Il y a dans les RH toujours deux parties : l’entreprise et le salarié. Mais comme dans bien d’autres secteurs... Cet été, par exemple, le Forum IPO de Paris Europlace a fait des propositions pour relancer les introductions en Bourse. Car chef d’entreprises, côtés émetteurs, et investisseurs ne se bousculent pas au portillon. La Bourse n’attire plus. Et les évolutions réglementaires, comme la suppression de l’obligation de la tranche retail, n’ont pas changé grand-chose. Oui, c’est difficile, quand on n’est pas attractif ! Et que l’on a de la concurrence. Car pendant ce temps, le private equity se pavane, les poches bien garnies et le discours marketing bien rodé.

Attractive, la dette de la France l’est un peu moins. Le mois dernier, elle a ainsi eu droit d’être dégradée par Fitch. De son côté, Scope vient de maintenir la note du pays à AA-, mais de la placer sous surveillance négative. Le spread, c’est-à-dire l’écart de taux avec l’Allemagne, n’a pas fortement réagi à cette nouvelle, car les marchés anticipent. Mais payer 70 centimes de plus sur dix ans a un coût économique certain : aussi bien pour le budget de l’État que pour l’activité économique.

Morale de l’histoire : pour éviter la quête désespérée des nouveaux collaborateurs ou des nouveaux capitaux, car on en a toujours besoin, il faut savoir œuvrer pour être attractif. Toujours !

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº908