En 2026, les conflits géopolitiques s’accumulent. Après l’intervention américaine au Venezuela en janvier, la guerre en Iran, déclenchée fin février par des frappes des États- Unis et d’Israël et étendue à plusieurs pays du Moyen-Orient, secoue les marchés. En une semaine, le Brent a bondi de 18 % à 85,6 dollars, le gaz s’est envolé de 53 %. Valeur refuge, le dollar gagne 1,7 % face à l’euro à 1,16 dollar. Le CAC 40 recule de plus de 5 %. Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale perdent 9 %, 8 % et 7 %.
Cette dynamique est cependant à relativiser pour les banques. Dans un entretien à Reuters, Pedro Machado, superviseur à la Banque centrale européenne (BCE), indique que l’exposition directe des banques de la zone euro liée à l’Iran et aux pays voisins représente 0,7 % du capital CET1 pour les actifs et 0,6 % pour les passifs, moins de 1 % des actifs supervisés, soit 278 milliards d’euros sur 27 800 milliards.
Un coût du risque stable
Certes, selon le banquier central, un choc énergétique prolongé pourrait provoquer un pic d’inflation aux effets récessionnistes, impactant l’emploi, variable cruciale pour les banques.
Fin 2025, le coût du risque des banques françaises demeure toutefois stable, reflétant une résilience qui concerne l’ensemble des banques européennes et confirmée par les stress tests 2025 de l’Autorité bancaire européenne (EBA, European Banking Authority) et de la BCE. Dans un scénario défavorable, combinant baisse du PIB de 6,3 % entre 2024 et 2027, tensions géopolitiques et inflation énergétique, le ratio CET1 moyen passerait de 15,8 % à 12,1 %, demeurant donc au-dessus des exigences réglementaires.