La BCE baisse à nouveau les taux directeurs

Créé le

06.06.2025

-

Mis à jour le

23.06.2025

Pour la huitième fois depuis le début de ce cycle, les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne ont été réduits de 0,25 % ce jeudi. Au-delà des incertitudes liées aux tarifs douaniers américains, la présidente de la Banque Centrale Européenne parle d’une «  fenêtre d’opportunité  » pour l’Europe. La fin de ce cycle monétaire est proche...

La Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé ce jeudi 5 juin d’abaisser les taux directeurs de 0,25 %. Le taux d’intérêt de la facilité de dépôt s’établira à compter du 11 juin à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %. Pour justifier cette décision, prise à l’unanimité moins un, la BCE considère que l’inflation a retrouvé le niveau attendu et donne tous les signes qu’elle le conservera d’ici 2027. Ces prévisions reposent notamment sur des « hypothèses revues à la baisse sur les prix de l’énergie et une appréciation de l’euro ».

Voilà c’est fini ! (ou presque)

Interrogée plusieurs fois lors de la conférence de presse à l’issue du Conseil des gouverneurs, sur les futures décisions de politique monétaire, Christine Lagarde a réitéré l’intention du Conseil de ne pas préjuger d’une pause ou d’une nouvelle baisse, mais de se baser sur les données en temps voulu, compte tenu de l’environnement géopolitique et économique «  plus incertain qu’à l’accoutumée  ». Tout en reconnaissant que «  arriver à la fin d’un cycle monétaire ».

Les menaces de tensions commerciales avec les Etats-Unis et le manque de visibilité sur leur issue prochaine constituent sans surprise une des préoccupations majeures. Au-delà des effets néfastes sur les exportations européennes, elles suscitent également des craintes quant à des ruptures sur les chaînes d’approvisionnement, mais aussi quant à une aversion aux risques susceptibles de peser sur les investissements et la consommation.

La BCE a fait son travail, aux autres de s’y mettre

La BCE paraît cependant confiante. Le terme a été utilisé à plusieurs reprises par sa présidente. Les prévisions de croissance pour 2025 restent inchangées, à 0,9 % du produit intérieur brut (PIB). Le marché du travail au premier trimestre s’est révélé plus robuste que prévu. Cette confiance repose également sur les projets d’investissements européens dans les infrastructures et la défense. «  Nous sommes bien positionnés pour affronter l’incertitude  », a répété la présidente de la Banque Centrale Européenne.

Interrogée sur la façon de qualifier cette nouvelle baisse, «  neutre  » ou encore «  restrictive  », Christine Lagarde s’est refusée à répondre. La présidente de la BCE a cependant cité à nouveau les pistes de nature à dynamiser l’économie européenne  : la simplification de la réglementation, l’Union des marchés de capitaux et l’euro numérique, notamment. Elle a également souligné la «  fenêtre d’opportunité  » que représente la conjoncture macro-économique actuelle pour renforcer la place de l’Europe et de l’euro sur la scène économique internationale. Façon positive de rappeler que si «  le pire n’est pas toujours sûr  », un affaiblissement critique de la zone euro ne peut pas non plus être exclu. Façon aussi de dire qu’il ne faut plus trop compter sur le levier monétaire...

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº906