L’incertitude générée par la guerre au Moyen-Orient n’a pour le moment pas fait réagir les banquiers centraux. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque Centrale Européenne (BCE) viennent d’annoncer un maintien de leurs taux, dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 % aux États-Unis et de 2 % à 2,40 % en zone euro.
Christine Lagarde a rappelé que ce conflit engendre « des risques à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance économique ». La BCE a d’ores et déjà révisé ses prévisions économiques en la manière avec une inflation à 2,6 % en 2026 (contre 1,9 % précédemment) et une croissance en baisse de seulement à 0,9 % (contre 1,2 %) cette année. Même si les marchés anticipent deux hausses de taux encore cette année en Europe, la BCE ne s’engage pas sur cette voie. « Difficile, pour une banque centrale, de réagir face à un choc d’offre négatif », prévient Florent Wabont, économiste chez Ecofi.
Les membres de la Fed ont quant à eux voté le statu quo, à onze voix contre une, et rappelé leur objectif de plein-emploi et d’une inflation contenue à 2 % à long terme. Jerome Powell a indiqué qu'une reprise de l'assouplissement monétaire supposerait des progrès tangibles sur l'inflation. Or les droits de douane mis en place par Trump cumulés à la flambée du cours du pétrole, depuis le début de la guerre en Iran, ont conduit la Fed à anticiper désormais 2,7 % d’inflation en 2026.