La conférence de presse de Christine Lagarde, à l’issue de la réunion de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) le 12 septembre, n’avait pas laissé espérer une telle issue. Et pourtant... Réunie en Slovénie, à Lujiana, la BCE a décidé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, le 17 octobre. Troisième baisse en quatre réunions ! Le taux de dépôt s’établit désormais à 3,25 %, celui de la facilité de refinancement à 3,4 % et celui de la facilité de prêt marginal à 3,65 %.
Trois grandes raisons peuvent expliquer ce changement de cap. D’une part, la décision de la Réserve fédérale américaine d’abaisser ses taux directeurs de 50 points de base, le 18 septembre. En tapant fort, Jerome Powell avait redonné des marges de manœuvre à la BCE car au petit match des baisses de taux, les États-Unis avaient égalé la zone euro en un coup, alors que les situations économiques sont assez différentes des deux côtés de l’Atlantique... Côté économique, la BCE a pu apprécier le recul de l’inflation en zone euro à 1,7 % tout en s’inquiétant de l’atonie de l’économie européenne, telle que refletée par les indices PMI. Sans oublier que l’Allemagne a revu sa prévision de croissance pour 2023 de +0,3 % à -0,2 %.
Le 12 décembre, pour sa prochaine réunion, le conseil des Gouverneurs reviendra à Francfort. Pour décider quoi ? Pour rebondir sur l’article de Fabrice Hermel, sur la communication autour de la politique monétaire, que nous dit la BCE ? Un, l’inflation va remonter. Deux, la politique monétaire restera restrictive, aussi longtemps que nécessaire pour atteindre l’objectif d’inflation. Trois, le Conseil des gouverneurs ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière. Adieu la forward guidance ! Ce qui n’interdit pas une nouvelle baisse des taux...