Politique

Michel Barnier face aux défis politiques
et budgétaires

Créé le

17.09.2024

-

Mis à jour le

30.09.2024

Nommé Premier ministre le 5 septembre par Emmanuel Macron, Michel Barnier a réalisé de longues consultations pour former un gouvernement capable d’éviter une motion de censure de l’Assemblée nationale. L’enjeu est capital, compte tenu des réformes et des dossiers à revoir (retraites, allocations chômage, immigration) et de l’agenda budgétaire chargé. Placée cet été sous procédure de déficit excessif par la Commission européenne, la France a demandé un délai supplémentaire à Bruxelles pour envoyer son plan budgétaire structurel à moyen terme, initialement attendu le 20 septembre.

Après le dérapage budgétaire en 2023 à 5,5 % et le relèvement des cibles de déficit de 4,4 % à 5,1 % en 2024 et de 3,7 % à 4,1 % en 2025, l’État français, qui vise les 3 % en 2027, doit convaincre de sa conformité aux règles de déficit de l’UE. Alors que le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal a reconduit pour 2025 le plafond des dépenses publiques de 492 milliards d’euros de 2024 – que le prochain exécutif pourra réviser – la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2025 au Parlement constitue une étape cruciale au bon fonctionnement des institutions publiques.

Du déficit anticipé découlera le programme de financement de l’État exécuté par l’Agence France Trésor (285 milliards d’euros en 2024 !). Dans les jours suivant la nomination de Michel Barnier, les taux des OAT à 10 ans poursuivaient leur détente (2,74 % le 16 septembre contre 3,34 % début juillet) dans un contexte de réduction des taux de la BCE. L’Hexagone reste toutefois sous surveillance, le spread OAT-Bund à 10 ans et les CDS à 5 ans (avec un scénario de « Frexit ») restant, dans l’ordre, au-dessus des 70 et 30 points de base.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº896