La BCE fait rempart contre les effets inflationnistes du conflit au Moyen-Orient

Créé le

15.06.2026

La Banque Centrale Européenne a relevé ses taux d’intérêt et revu légèrement à la baisse ses perspectives de croissance économique.

Une première depuis septembre 2023. La Banque Centrale Européenne (BCE), à l’issue de son Conseil des gouverneurs du 11 juin, a relevé ses taux directeurs de 25 points de base. Le taux de facilité de dépôt s’établit à 2,25 %. Cette décision attendue par les marchés vise à freiner l’inflation en zone euro, qui a atteint 3,2 % sur un an en mai 2026, près du double de janvier 2026 et au plus haut depuis septembre 2023. « Nous entendons mener notre politique monétaire de façon à assurer la stabilisation de l’inflation au niveau de notre objectif de 2 % à moyen terme », rappelle la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui pointe du doigt les effets perturbateurs de la guerre au Moyen-Orient sur les approvisionnements énergétiques et la croissance mondiale. Ce resserrement monétaire vise surtout à limiter les effets de second tour sur les salaires et à contenir les pressions inflationnistes.

Prévisions révisées

L’Eurosystème a ainsi révisé ses projections d’inflation en 2026, qui passent de 2,6 % (prévus en mars) à 3 %. Pour 2027, elle est attendue à 2,3 % en 2027. Le retour à la cible de 2 % est repoussé à 2028. La prévision de croissance est abaissée de 0,9 % à 0,8 % en 2026. La BCE insiste sur la nécessité de renforcer la croissance de la zone euro, tout en assurant la soutenabilité des finances publiques, à travers les réformes structurelles soutenant l’innovation et la compétitivité. Qui plus est, la résilience économique est l’un des piliers qui sous-tendent le potentiel mondial de l’euro.

Dans un récent communiqué, la BCE relève un accroissement modéré du rôle international de l’euro en 2025. Sa part dans un large ensemble d’indicateurs relatifs à l’utilisation internationale a augmenté pour s’établir autour de 20 %. De même, les émissions de dette internationale en euro ont atteint leur plus haut niveau depuis l’introduction de l’euro, grimpant de 30 % par rapport à 2024. Cerise sur le gâteau : l’euro est devenu pour la première fois la monnaie dominante sur le marché international des obligations vertes et durables.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº918