Une décision attendue

Confiante sur la croissance,
la BCE maintient ses taux

Créé le

11.09.2025

-

Mis à jour le

03.10.2025

La réunion de la BCE a donné lieu
à la publication de nouvelles projections économiques.

Voilà déjà un certain temps que les banques centrales, comme la Banque Centrale Européenne (BCE) ou son homologue américaine, la Fed, ont annoncé être “data dependent”. Finie donc l’époque de la forward guidance, où le banquier central donnait de la visibilité aux marchés et aux acteurs économiques en montrant d’avance le chemin. Désormais, sa boussole est guidée par les chiffres.

La réunion de ce jour de la BCE a d’ailleurs donné lieu, comme tous les trimestres, à une nouvelle publication des prévisions économiques des services de l’institution. Pour l’inflation, les perspectives sont légèrement revues à la hausse par rapport à juin. 2,1% de hausse des prix attendue en 2025 (2% en juin), 1,7% en 2026 (1,6% en juin) et 1,9% en 2027 (2%, il y a un trimestre). Hors alimentation et énergie – éléments volatils –, les chiffres sont un peu supérieurs en début de période: 2,4% en 2024 et 1,9% en 2026, contre 1,8% en 2027.

Le dentifrice est rentré dans le tube

Depuis juillet 2021, l’objectif de la BCE est un taux d’inflation de 2 % symétrique à moyen terme. Contre un ancien objectif “de moins de 2 %, mais proche de 2%. Face à cette ambition plus souple, il est possible de considérer que le dentifrice est rentré dans le tube, pour reprendre l’image utilisée lors de l’envolée des prix post-Covid et début de la guerre en Ukraine. La BCE pourrait donc considérer avoir jugulé la hausse des prix, même si elle demeure inquiète su l’impact des droits de douane. Parallèlement, ses services prévoient un rebond de l’activité économique à court terme. Pour 2025, la croissance de la zone euro est révisée à la hausse de 0,9% à 1,2%. Même si elle recule légèrement pour 2026 à 1%, la projection de 2027 étant inchangée à 1,3%.

Avec un tel tableau, difficile de bouger les taux lorsque l’on affirme être “data dépendant”. La BCE affirme d‘ailleurs le rester. Le taux de dépôts demeure donc à 2%, le taux de refinancement à 2,15% et le taux de prêt marginal à 2,40%. Le prochain rendez-vous est prévu le 30octobre, sans publication de nouvelles prévisions économiques prospectives.

La Fed, elle, a baissé ses taux

Fitch a publié sa notation sur la France et le 17 septembre, la Fed a déterminé ses nouveaux taux directeurs (voir ci-contre) Après que la BCE a fait presque cavalier seul dans la baisse des taux, elle risque de faire du surplace à la différence de son homologue américaine. Avec, évidemment, des conséquences sur les taux de change. J.-F.F.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº908