Face aux turbulences géopolitiques et aux défis climatiques et démographiques du monde entier, nombre de partenaires tentent de resserrer les rangs, à plus forte raison quand l’administration Trump envoie des signes manifestes d’isolationnisme et d’imprévisibilité. Organisé à Paris à la fin du mois de juin, le « Euro-Med Economic & Banking Summit » a ainsi été l’occasion pour ses participants de rappeler ce qu’ils ont été plusieurs à qualifier de « nécessité » : développer des partenariats financiers et économiques de part et d’autre de la Méditerranée.
Un rendez-vous qui s’implante
C’était la troisième édition de ce sommet, réunissant chaque année acteurs privés et publics mais aussi institutionnels des banques du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et l’Europe. L’Union des Banques Arabes en est à l’initiative, de même que la Fédération bancaire européenne. Représentants du Fonds monétaire international, du Medef, de la Chambre de commerce franco-arabe, ainsi que des banques centrales française, du Moyen-Orient et d’Afrique sont également partie prenante.
Ce rendez-vous entre experts et décideurs permet de faire le point sur les efforts pour renforcer les liens entre l’Europe, la région Moyen-Orient, Afrique du Nord (MENA) et l’Afrique, et sur ce qu’il reste à accomplir. Les liens entre France, pays africains et du monde arabe, existent de longue date. Mais les participants à ce sommet déclarent vouloir aller bien au-delà.
La résilience : nécessaire, mais pas suffisante
Les investissements, dans les infrastructures notamment, pour faire face aux changements climatiques font depuis le départ partie intégrante de ce partenariat. La bancarisation de territoires parfois gravement affectés par de multiples crises, ainsi que leur stabilité financière, figurent aussi parmi les sujets prioritaires. Il s’agit de mettre en place des échanges dont chaque partie pourra tirer des bénéfices, et pas uniquement en termes financiers.
Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, qui accueillait ce sommet, a évoqué le « contexte très particulier », dans lequel il se déroulait. Les derniers événements de l’actualité, aux Etats-Unis et au Proche-Orient, lui ont en effet conféré un relief singulier.
La résilience est une condition nécessaire, a rappelé la directrice de la Fédération bancaire française, mais elle n’est pas suffisante. Au-delà des opportunités économiques, les questions de souveraineté, de part et d’autre de la Méditerranée, et d’indépendance, à l’égard notamment des géants de l’économie mondiale, à l’instar des Etats-Unis, se posent avec d’autant plus d’acuité.