Depuis le début de l’année, le marché européen des dettes financières affiche une certaine robustesse. « La hausse des taux a renforcé les marges nettes d’intérêt pour la plupart des banques européennes qui ont publié des résultats record, et nourri le regain d’intérêt des investisseurs pour la dette financière », relève Thibault Archeray, Co-Head, Financial Institutions Group (FIG), Debt Capital Markets chez Natixis CIB. Le spécialiste ajoute que les banques ont une liquidité très confortable et également, pour la plupart, déjà atteint les volumes de dettes éligibles (MREL) imposées par leur superviseur.
Au premier semestre 2024, le marché primaire euro des dettes senior préférées et non préférées a ainsi vu ses volumes baisser dans l’ordre, de 13 % à 59 milliards et de 8 % à 66 milliards d’euros. Dans un contexte difficile pour le crédit immobilier, les banques ont légèrement ralenti au premier semestre 2024 la cadence de leurs émissions covered bonds. En date du 10 juin, celles-ci enregistraient un recul de 13 % par rapport au premier semestre 2023 à 114 milliards d’euros, selon Natixis CIB, une dynamique assortie toutefois d’un rallongement de la duration moyenne. Les émissions avaient atteint des volumes records de 208 et 193 milliards d’euros en 2022 et en 2023 et permis de rembourser les TLTRO (Targeted Long Term Refinancing Operation) de l’Eurosystème. Depuis l’arrêt des rachats de la BCE, la classe d’actif bénéficie d’une base d’investisseurs plus diversifiée, avec un retour des investisseurs real-money, et d’un resserrement significatif de ses spreads au cours des six premiers mois de l’année.