La Banque de France clôt 2025 avec un résultat en excédent

Créé le

24.03.2026

-

Mis à jour le

26.03.2026

L’exercice 2025 aboutit à un solde net de 8,12 milliards d’euros, grâce notamment à des conditions plus favorables pour la politique monétaire et à des opérations sur son stock d’or.

La Banque de France renoue avec des revenus positifs. L’exercice 2024 s’était soldé sur un résultat négatif pour l’institution, de près de 7,734 milliards d’euros, l’année 2025 a permis de redresser la barre, aboutissant à un résultat net de 8,12 milliards d’euros et à un apurement du « report à nouveau ». En d’autres termes, la Banque de France a compensé ses pertes de 2024.

Le bilan monétaire se redresse

Ce « redressement significatif », selon François Villeroy de Galhau, le Gouverneur de la banque centrale, pour des bilans annuels sensiblement comparables (1 521 milliards d’euros en 2025), s’explique tout d’abord par des conditions de politique monétaire plus favorables. La rémunération des excédents de liquidité s’est faite en 2025 sur un taux moyen de 2,26 %, contre 3,7 % en 2024. Par ailleurs, la fin des PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) et TLTRO (Targeted Longer-Term Refinancing Operations) a conduit à une moindre détention de titres acquis dans le cadre de ces programmes dits de « politique accommodante ». Le solde des activités de politique monétaire reste négatif, mais dans des proportions bien moindres, passant de -15,3 à -5,2 milliards d’euros.

Une plus-value exceptionnelle grâce à ses stocks d’or

Les activités non monétaires ont joué également leur part, à hauteur de 12,2 milliards d’euros. À commencer par la « mise aux normes » du stock d’or, qui consiste notamment à améliorer la pureté de l’or physique détenu, un programme amorcé depuis 2007.

Sur les 2 437 tonnes d’or détenues par la Banque de France, 129 tonnes étaient stockées à New York. Entre juillet 2025 et janvier 2026, l’institution les a rapatriées, non par bateau mais via des opérations de cessions-acquisitions, et a procédé à leur mise aux normes. Ces opérations, effectuées durant une période d’appréciation de l’or, ont généré une plus-value exceptionnelle de 12,8 milliards d’euros, dont 11 milliards sont imputables à 2025.

Prête à affronter les incertitudes de demain

Enfin, l’institution peut se prévaloir d’ « importants revenus additionnels » en 2025, grâce à ses investissements dans des portefeuilles de titres en euros.

La situation nette, constituée des capitaux propres et des plus-values latentes sur les actifs détenus, s’établit pour 2025 à 283,4 milliards d’euros et progresse de 80,7 milliards d’euros sur un an. Sur la base de ces chiffres, le message de la Banque de France se veut limpide : nul ne peut présumer des risques à venir, mais sa solidité financière lui assure une « maîtrise anticipée » de pertes éventuelles.