Le dernier Salon international de l’agriculture de Paris a été l’occasion de le rappeler : le futur des relations entre l’Afrique et l’Europe, notamment la France, se joue moins sur une logique d’aide que sur celle d’un partenariat économique et financier.
Concernant le secteur agricole, par exemple, il ne s’agit plus aujourd’hui simplement de production mais bien de commerce, d’accès au capital, d’investissement, de technologie et, plus largement, du cadre de coopération économique qui est défini au niveau plus global.
Car au-delà de la mise en valeur des produits et innovations agricoles, le Salon de l’agriculture a offert un espace de rencontre pour les investisseurs, les entreprises agroalimentaires, les décideurs politiques et les financiers cherchant à construire la prochaine génération de chaînes de valeur agricoles entre l’Afrique et l’Europe. Pour le Nigeria, la France, l’Afrique et l’Europe plus largement l’opportunité est considérable pour les grands groupes, mais aussi – et surtout – pour les petites et moyennes entreprises des deux régions.
Aujourd’hui, les exportations françaises vers le Nigeria couvrent principalement des secteurs clés comme les produits des industries agroalimentaires, les produits pharmaceutiques, les équipements mécaniques, les véhicules et les produits chimiques, tandis que nos importations se concentrent sur les hydrocarbures, en particulier le pétrole brut.
L’augmentation des échanges commerciaux et d’investissement entre nos deux pays nécessite une infrastructure financière solide, capable de soutenir le commerce agricole transfrontalier. La France se place à ce jour au sixième rang des partenaires commerciaux du Nigeria. Il est le premier marché d’Afrique subsaharienne pour les exportateurs français, avec 8 % des échanges commerciaux avec l’Afrique (13 % des importations françaises et 2 % des exportations).
Les institutions financières
au service du commerce
et de l’investissement
Ces institutions financières existent et jouent déjà leur rôle de soutien dans la facilitation des échanges mondiaux, en fournissant l’infrastructure financière nécessaire à la mise en relation des entreprises, des marchés et des capitaux à travers les continents.
Le France Nigeria Business Council (FNBC), créé en 2021 pour renforcer la coopération commerciale et d’investissement entre les deux économies, s’inscrit également dans cette dynamique. En cinq ans, il est devenu une plateforme par laquelle les entreprises, les gouvernements et les institutions financières s’engagent pour libérer des opportunités dans les domaines de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et de l’industrie entre la France et le Nigeria. Il est intervenu dans le projet Agora ou encore l’Initiative Omi Eko.
Paris, porte d’entrée stratégique vers l’Europe
Depuis sa création en 2023, notre implantation française, succursale de The Access Bank UK Limited, réglementée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), a vu son activité augmenter significativement confirmant le rôle central de Paris pour connecter les entreprises africaines aux marchés français et européens et vice-versa.
La présence d’une banque africaine opérant au sein du système financier français renforce également la crédibilité auprès des entreprises européennes, des agences de crédit à l’exportation et des institutions de financement du développement à la recherche de partenaires de confiance pour leurs projets en Afrique.
Un nouveau chapitre dans
la coopération Afrique-Europe
Toutes les conditions sont réunies pour continuer à développer un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique, au sein duquel la France et le Nigeria peuvent jouer un rôle de premier plan.
L’Europe apporte la technologie, l’expertise en matière de financement et l’accès aux marchés mondiaux. L’Afrique, elle, apporte les terres, l’esprit d’entreprise, les talents et l’une des populations de consommateurs à la croissance la plus rapide au monde. Avec plus de 220 millions d’habitants et une croissance démographique rapide qui en fera la troisième population mondiale à l’horizon 2050, le potentiel est énorme et la transformation est déjà en marche.
Nous avons les institutions capables de faire le lien entre les continents et nous pouvons créer un écosystème financier africain connecté à l’échelle mondiale, à même de soutenir le commerce, l’investissement et le développement durable. Le défi est désormais de transformer ces échanges en investissements, ces partenariats en projets et ces opportunités en prospérité partagée. Si l’Afrique et l’Europe y parviennent, elles poseront les bases de la prochaine ère de la coopération économique et financière mondiale.