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Publié le 14 septembre, le baromètre 2026 de l’Association française des marchés financiers (AMAFI) pointe une évolution inquiétante : alors que l’épargne financière des ménages demeure abondante, leur détention directe d’actions cotées recule.
Selon l’association, qui se base sur des données de la Banque de France, ces titres ne représentaient plus que 4,06 % de leur patrimoine financier fin 2025, contre 5,06 % un an plus tôt. La progression observée après les réformes fiscales de 2018 est ainsi presque effacée. Après avoir augmenté de près de 54 % entre 2018 et 2021, l’encours détenu en direct en actions cotées ne dépasse plus que de 7 % en 2025 son niveau de 2018.
Ce décrochage est d’autant plus préoccupant que l’appétit des particuliers pour les marchés actions ne s’est pas éteint. Selon une enquête de l’AMF publiée en décembre 2025 et citée par l’AMAFI, 34 % des Français déclarent s’intéresser aux actions, contre 29 % en moyenne entre 2017 et 2023. Mais cet intérêt ne se traduit plus par des achats effectifs.
Le poids de la fiscalité
Pour l’AMAFI, l’alourdissement et l’instabilité de la fiscalité expliquent en partie ce recul. Le prélèvement forfaitaire unique, instauré en 2018 à 30 %, passe à 31,4 % en 2026 sous l’effet de la hausse de la CSG sur certains revenus du capital, dans un mouvement plus large de renchérissement du coût du capital engagé depuis 2025.
L’enjeu concerne aussi les entreprises. Pour servir 100 euros nets à un actionnaire disposant d’un revenu intermédiaire, une grande entreprise française doit désormais dégager 228 euros de résultat brut, contre 204 en 2024, 190 en Allemagne et 207 au Royaume-Uni.
Dans ce contexte, l’AMAFI appelle à préserver un cadre fiscal stable, à renforcer le PEA et à développer l’épargne longue pour éviter un décrochage durable de l’actionnariat individuel et du financement en fonds propres des entreprises françaises.