C’est un document de référence ! Tous les ans, vers le mois de mai, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) présente son rapport d’activité. Mais à l’automne, ce sont les chiffres qui tombent dans un rapport statistique couvrant l’activité des marchés de la banque et de l’assurance.
« Une grande solidité »
Le 24 octobre 2024, le rapport a été publié. L’environnement est commun. Il est marqué, tout au long de la première partie de l’année 2023, par des tensions sur les taux d’intérêt, à cause de la hausse des prix. Qui se rappelle aussi les inquiétudes sur la stabilité financière en raison de problèmes aux États-Unis et en Suisse ? L’environnement géopolitique, lui, n’était déjà pas bon et il ne s’est pas amélioré depuis... Dans ce contexte peu favorable, l’ACPR se félicite : « Le secteur financier français, à l’instar du secteur européen dans son ensemble, a fait preuve d’une grande solidité. »
Les chiffres de la banque sont toutefois en deçà des performances de l’assurance (voir encadré). La croissance des bilans ralentit : +1,1 %, contre +4,4 % en 2022. Il n’empêche : à 9 289 milliards, ils pèsent 331 % du produit intérieur brut. Le coût du risque se dégrade, avec un accroissement des taux de prêts non performants sur les sociétés financières (3,6 %). Côté ressources, les dépôts ne faiblissent pas. En revanche, les équilibres changent. Le volume des dépôts des ménages (70,1 %) progresse de 42 milliards par rapport à 2022 alors que ceux des sociétés non financières régressent de 23 milliards. La spécificité de 2023 est aussi marquée par le poids des comptes à terme. Ils s’octroient désormais 16 % de dépôts, alors qu’ils pesaient 6,4 % du total en 2021... La marge nette d’intérêt (PNB) s’en ressent, provoquant une baisse du produit net bancaire de 4,4 %, à 160,7 milliards.
Au premier semestre, en revanche, la tendance s’inverse avec une stabilité de la marge nette d’intérêt et un PNB semestriel en hausse de 2,9 %. Pour Nathalie Aufauvre, secrétaire générale de l’ACPR, « en 2024, le secteur financier devrait bénéficier du reflux de l’inflation et de l’assouplissement monétaire. Toutefois, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, d’incertitudes macroéconomiques et de montée progressive du coût du risque, l’ACPR maintient sa vigilance sur la qualité des actifs financiers et la rentabilité des établissements. »