Les stress-tests sur le devant de la scène

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Les stress-tests sur le devant de la scène

Devenus l’un des outils phares des régulateurs pour jauger la solidité des banques, les stress-tests sont depuis 2009 sous le feu des projecteurs. Outre les exercices réglementaires, les banquiers et les assureurs utilisent ces tests en interne, de façon de plus en plus large. Le principe demeure le même : évaluer les conséquences sur un établissement d’une éventuelle aggravation du contexte économique. Mais quel scénario de crise choisir ?

Les stress tests sur le devant de la scène

Le test de résistance fait son entrée dans l’espace médiatique en 2009, quand la Fed lance un stress-test dont les résultats sont révélés au public afin de rassurer les marchés sur la solidité du secteur bancaire américain. Les autorités prudentielles européennes lui emboitent le pas la même année, avec un niveau de transparence sans cesse croissant.

Cet outil va continuer de faire parler de lui très prochainement, puisque le FMI lance en 2012 un stress-test sur la France, dans le cadre du Financial Sector Assessment Program (FSAP). Des contacts informels ont déjà eu lieu avec les banques. Les scénarios macroéconomiques choisis par le FMI devraient être connus fin février ou en mars. « Les résultats ne seront pas révélés avant août ou septembre, pronostique un banquier. Ils seront publiés, mais de façon globale uniquement, et non pour chaque établissement. »

Avant 2009, le stress-test était un outil confidentiel, parfois imposé par les superviseurs, mais surtout utilisé à l’initiative des banques elles-mêmes. Du point de vue de cet usage interne, là aussi, le test de résistance est de plus en plus populaire. Les équipes des risques ne se contentent plus aujourd’hui de tester des portefeuilles spécifiques, mais également la solvabilité à l’échelle globale de l’établissement.

Le stress-test ne présente toutefois pas que des qualités : les modèles utilisés se sont tant sophistiqués entre 2005 et 2010 qu'il existe aujourd’hui un risque de modèle. Mais selon Olivier Irisson, adjoint au directeur des risques du Groupe BPCE, « le stress-test laisse structurellement une plus large part à l’analyse humaine que d’autres approches très automatiques et quantitatives. Donc on est davantage à l’abri des risques de modèle… » Toutefois, d’autres professionnels des risques sont moins optimistes.

Autre défi à relever pour les tests de résistance: quel scénario macroéconomique utiliser? Avant la crise, les équipes des risques ne parvenaient pas à vendre en interne des scénarios noirs, car l’euphorie ambiante rendait l’état-major sceptique. Aujourd’hui, la tâche est plus aisée. Mais les stress-tests ont été rattrapés par la réalité, devenue très sombre. Faut-il explorer des situations beaucoup plus graves ? Tester le niveau de perte qu’une banque pourrait subir en cas d’éclatement de la zone euro aurait-il un sens ?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

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Banque & Stratégie