« Le capital exercise de l’EBA est un stress-test», affirme un professionnel des risques. Un certain nombre de ses confrères partagent cette opinion, même si elle ne fait pas l’unanimité (voir Encadré). Pourtant le message de l’EBA semble clair : un stress-test doit comporter un scénario macroéconomique, ce qui n’est pas le cas du capital exercise.
Certes, mais dans cet exercice, l’EBA a changé les règles prudentielles et comptables, ce qui a été perçu comme un stress par de nombreux banquiers. Par exemple, la totalité des obligations souveraines détenues dans le
Et Vincent Ollivier de poursuivre : « Par ailleurs, ce capital exercise pousse la plupart des banques à augmenter rapidement leurs fonds propres pour satisfaire dès le mois de juin 2012 au ratio de 9 % de Core Tier 1 préconisé par cet exercice stressé.» Certains banquiers considèrent le respect de ce ratio comme une mise en œuvre anticipée de l’augmentation de fonds propres décidée dans le cadre de BâleIII. Le renforcement préconisé par cette réglementation est envisagé de façon progressive et
Pour Alain Laurin, le capital exercise est un complément au test de résistance de 2011 (voir son article Des Approches différentes des deux côtés de l'Atlantique). Que cet exercice soit un stress-test ou pas, il prête le flanc à la critique : le respect du ratio de 9 %, dans un délai très court, et dans un contexte peu propice aux levées de capitaux, incite les banques à réduire leur exposition au risque en cédant des activités. Ainsi, elles mettent toutes en même temps de nombreux actifs sur le marché. Certes, Unicrédit a choisi de lever du capital, mais l’italien a dû établir le prix de l’action à un niveau ridiculement bas.
Et au chapitre du mark-to-market, l’EBA ne risque-t-elle pas de donner des idées à l’
Sans préjuger des évolutions comptables à venir, le capital exercise a d’ores et déjà eu un impact sur le marché de la dette souveraine : il a contribué au mouvement de cession par les banques des titres émis par les pays européens périphériques.
Ce vrai-faux stress-test a toutefois un mérite : il a montré que l’EBA était capable de fermeté. Après ses stress-tests jugés peu crédibles par le marché, l’institution est davantage prise au sérieux, grâce au capital exercise.