Alex de Lucena
Directeur de la Stratégie Produit de Shield

« Notre logiciel de surveillance des communications utilise l’IA générative »

Créé le

05.09.2024

-

Mis à jour le

23.09.2024

Depuis sa création en 2018, Shield fournit à ses clients grandes banques internationales
une plateforme de surveillance active des communications. Directeur de la Stratégie produit de cette entreprise israélienne, Alex de Lucena explique à Revue Banque le fonctionnement et l’importance de ces outils de prévention des risques et de conformité.

Quelle aide apportez-vous aux banques pour ce qui est de leur conformité ?

Shield a été fondée pour aider les banques internationales comme régionales à répondre à l’obligation de tenue des registres et à l’obligation de surveillance des communications. Tout d’abord, nous leur fournissons un moyen conforme de stocker et de rechercher les messages électroniques et communications vocales sur les canaux des banques utilisées dans le cadre de leurs activités. Cela concerne les appels téléphoniques, les mails, les chats financiers comme Bloomberg, l’utilisation d’applications telles que WhatsApp. Nous nous efforçons de rendre le processus de collecte, de cartographie et de vérification de ces communications aussi fluide et transparent que possible. Le stockage des données se fait de manière centralisée et sécurisée sur notre plateforme qui crée un environnement de données unique et dédié à chaque client et facilement consultable. La capacité de stockage de notre data hub peut être très facilement étendue grâce au cloud.

Quelle est votre expertise en matière de surveillance ?

Les régulateurs mondiaux exigent que ces communications soient examinées pour détecter des risques de conformité. Shield fournit aux banques un logiciel propriétaire de surveillance des communications basé sur des modèles de langage et des outils de transcription vocale utilisant une intelligence artificielle (IA) générative, qui se connecte à leurs différents canaux approuvés et les analyse. Les risques que les banques cherchent habituellement sont spécifiques à la finance et comprennent les abus de marché, la collusion, la fraude, l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent. Il y a aussi des risques liés à la conduite personnelle, comme le trading, le vol d’informations, les cadeaux, le harcèlement sexuel, le racisme et tout ce qui en lien avec la gestion des données. Nous identifions les personnes donnant des informations à d’autres alors qu’elles ne le devraient pas ou utilisant de manière inappropriée des canaux non autorisés. Notre but est d’offrir aux clients une couverture complète des risques. Pour autant, les banques se doivent d’avoir de solides dispositifs de conformité et de processus de gestion des risques.

Comment fonctionne votre logiciel ?

Les banques clientes peuvent l’utiliser pour rechercher toutes les communications sur une période donnée, pour certaines personnes, et les fournir aux régulateurs lors des examens ou des enquêtes. Lorsque les messages arrivent sur notre plateforme, le logiciel les analyse et émet des alertes le même jour et dont le nombre dépendra du canal de communication. Il permet surtout d’établir le contexte des communications et de vérifier si le jargon financier ou commercial employé est pertinent, par exemple, pour la collusion, ou proche de son langage. En adoptant cette approche contextuelle, notre taux de pertinence est de 90 %.

Quels sont les autres bénéfices de vos outils ?

Nous essayons également de minimiser le « bruit » en évitant les messages parasites sans valeur, ce qui permet aux clients de ne voir que les messages importants et pertinents, ceux qui méritent d’être regardés. Cela réduit le temps de travail consacré à l’examen des messages, qui est une tâche très fastidieuse, chronophage et inutile pour nos clients. Nous leur faisons faire des économies de temps, voire même de ressources humaines.

Par ailleurs, nos outils identifient les risques et aident les banques à enquêter sur ces problèmes. Elles les utilisent en fonction de leur appétit pour le risque mais au final, ce sont elles qui évaluent la gravité des problèmes identifiés et prennent les mesures qui s’imposent. L’autre valeur ajoutée de notre logiciel, difficile à quantifier, est la prévention des amendes. Si les banques ont de bons contrôles en place et sont capables de détecter les problèmes, il y a une plus grande probabilité qu’elles ne soient pas sanctionnées pour ces derniers. C’est un contrôle préventif.

Propos recueillis par Tân Le Quang.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº896