Bilan

La France s’impose dans le concert
de l’intelligence artificielle

Créé le

02.09.2025

Nombre d’événements internationaux majeurs ont eu lieu dans l’Hexagone, avec notamment la présence des grands acteurs mondiaux.

Comme chaque année, le coup d’envoi du calendrier technologique mondial est donné par le CES de Las Vegas, vitrine des grandes tendances numériques, dominé par les géants américains. Après un début d’année dominé par les États-Unis, coup de théâtre le 20 janvier, avec le grand retour de la Chine dans la course à l’IA. L’électrochoc « DeepSeek-R1 », un grand modèle de langage (LLM) avec raisonnement, à coût réduit, va même faire chuter les valeurs technologiques à Wall Street et déclencher un regain d’espoir en Europe.

Le France organise alors une série d’événements : une Conférence scientifique, le « AI, Science and Society Summit », sous la direction scientifique du Pr. Jordan (UC Berkeley / Inria) et du Pr. Moulines (École Polytechnique). Le point d’orgue intervient le 9 février, lorsque le Président Macron annonce avant le « AI Action Summit », un plan national d’investissement de 109 milliards d’euros pour l’IA. L’Europe suivra, le 11 février, avec 200 milliards, juste avant le « Business Day » du AI Action Summit, organisé à Station F, qui rassemble les principaux décideurs mondiaux du secteur.

La NVDIA GTC à Paris !

Le monde de l’IA est aussi rythmé par les fameuses conférences NVIDIA GTC. En mars, aux États-Unis, elle s’est focalisée sur l’architecture des nouveaux GPUs et le futur des besoins en énergie. Après les États-Unis et Taïwan, pour la première fois, la GTC s’est aussi tenue à Paris, en marge de VivaTech, avec une présentation de Jensen Huang, le directeur général fondateur de NVIDIA. Cette reconnaissance confirme le statut de Paris comme pôle mondial de l’IA.

VivaTech, devient officiellement, depuis deux ans, le salon technologique le plus visité au monde, devant le CES. C’est aussi à VivaTech que Mistral, en présence du Président Macron, du CEO de NVIDIA et de Maurice Lévy (fondateur de VivaTech), annonce l’ouverture de datacenters d’IA en France. En marge du salon RAISE Summit (8-9 juillet), Y Combinator, le plus grand accélérateur mondial de startups basé aux États-Unis, a organisé une conférence à Paris, principalement dédiée aux startups de l’IA.

AXA et BNP Paribas actifs

Les annonces des sociétés concernant l’IA ne portent plus sur des tests, mais sur les résultats de déploiements opérationnels, si possible sur des infrastructures souveraines. Avec l’IA, il faut donc anticiper une transformation structurelle de presque tous les secteurs d’activité. Métiers basés sur l’analyse de gros volumes de données, la banque et l’assurance sont évidemment très consommateurs d’IA, car le ROI est identifié, quantifiable et désormais démontré. Evident a ainsi jugé, dans ses 167 cas d’usage bancaires, que ceux-ci allaient toucher presque tous les métiers (Ressources humaines, Service client, Comptabilité, Audit, Analyse des risques, Fraude, Cybersécurité...).

Les acteurs français des secteurs banque et assurance sont bien placés au niveau mondial. Lors de leurs assemblées générales respectives, AXA a annoncé 400 cas d’usage de l’IA en production (prédiction, prévention, relation client, etc.) et BNP Paribas, 800 ! À la clé : 500 millions d’euros d’économies.

Le classement Evident AI Insurance Index place d’ailleurs AXA au 1er rang mondial dans le domaine de l’assurance. Et dans la banque, BNP Paribas est 12ème mondial, devant Société Générale (21ème), Crédit Agricole (32ème), Groupe BPCE (40ème) et Crédit Mutuel (44e) qui sont toutes les 5 dans le top 50 des meilleures banques mondiales en matière d’adoption de l’IA. La France a des atouts dans cette course à l’IA. Elle est la 3e puissance mondiale à disposer de ses propres grands modèles de langage, après les États-Unis et la Chine. Et elle bénéficie d’une énergie fiable et décarbonée !

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº907