JPMorgan garde une longueur d’avance dans la course à l’IA bancaire

Créé le

24.12.2024

-

Mis à jour le

03.01.2025

En tête du classement mondial du domaine, la banque dirigée par Jamie Dimon trace la voie pour l’adoption de l’IA dans le secteur.

À bon entendeur, est-il encore temps de trouver le salut ? Il est en tout cas plus qu’urgent, pour les banques françaises et européennes, d’accélérer le chantier de l’intelligence artificielle (IA). Dans le tout dernier indice mondial des 50 institutions financières les plus avancées en matière d’IA publié par le fournisseur de données bancaires Evident, aucune banque tricolore ne figure dans le top 10. La première, BNP Paribas, arrive en douzième position devant BBVA.

La technologie disruptive est pourtant prometteuse en gains de croissance et de productivité. Un rapport de Citi estime que l’IA pourrait booster les bénéfices du secteur bancaire de 9 % à 2 000 milliards de dollars d’ici cinq ans. Pour la troisième année consécutive, JPMorgan fait largement la course en tête du classement d’Evident, suivi par Capital One et Royal Bank of Canada (voir tableau).

$!JPMorgan garde une longueur d’avance dans la course à l’IA bancaire

Une écrasante suprématie financière et humaine

Avec un budget technologique annuel pharaonique de 17 milliards de dollars et une armée de 44 000 ingénieurs informatiques, la première banque américaine en termes d’actifs place ses pions. Nerf de la guerre, la banque new-yorkaise compte le plus grand nombre de talents et de chercheurs en IA que ses sept principaux concurrents réunis. Le recrutement de spécialistes de l’IA et de la data a encore grimpé de 16 % en un an. Elle concentre également 35 % des chercheurs en IA de l’indice d’Evident.

Un investissement stratégique qui lui a notamment permis cette année de mettre son assistant virtuel de GenIA LLM Suite à la disposition de ses 140 000 employés, que ce soit pour la rédaction de messages ou l’aide à la prise de décision. JPMorgan a également déployé ChatCFO, un outil d’IA générative pour les équipes financières, et lancé une formation courte d’ingénierie pour les nouvelles recrues de la gestion d’actifs et de la gestion de patrimoine.

Le « Nvidia de la banque »

« C’est un record : aucune banque n’a jamais dépensé 17 milliards de dollars en technologie en un an », souligne Mike Mayo, directeur de la recherche chez Wells Fargo, « Ils investissent dans l’IA, dans la banque numérique, dans la modernisation du back-office. Ils essaient d’être la première banque numérique 2.0, qui est la prochaine version de la banque », ajoute-t-il. Pour lui, JPMorgan est un peu le « Nvidia de la banque ».

Lors d’une conférence annuelle sur le cloud AWS re:Invent, début décembre, Lori Beer, directrice de l’information du groupe, a confirmé la mise en place des outils d’IA générative pour améliorer les relations clientèle et pour la génération de code par les développeurs. « En exploitant la puissance du cloud et de l’IA générique, nous établissons de nouvelles normes pour offrir des expériences client hyperpersonnalisées, tout en favorisant l’excellence opérationnelle à l’échelle », résume la responsable. D’après la direction de la banque, son investissement dans la technologie et l’IA devrait lui rapporter 2 milliards de dollars rien qu’en 2024, notamment grâce à la prévention de la fraude.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº899-900