Investissement socialement responsable

Des conseillers formés pour des épargnants bien informés

Créé le

18.10.2023

L’appétence des particuliers pour la finance responsable va croissant. Il existe encore pourtant une marge de progression importante du conseil en la matière, nécessitant une indispensable implication.

Les autorités publiques et les acteurs de la finance ont accéléré le pas en matière d’investissement socialement responsable (ISR) depuis deux ans, la réglementation également. L’offre est devenue pléthorique et il est plus que jamais nécessaire de se repérer. L’intérêt des épargnants pour l’investissement durable croît progressivement, surtout chez les plus jeunes. Toutefois, on peut se demander si cette accélération ne creuse pas l’écart. Les conseillers sont-ils tous formés et les épargnants bien informés ?

Il est indéniable que l’appétence des épargnants en termes d’investissement responsable (IR) grandit d’année en année. Le baromètre de février 2023 sur l’investissement responsable de CPR AM indique que le taux de détention d’IR est encore faible, même s’il est en forte hausse depuis 2021 et depuis la première édition du baromètre de l’Investissement responsable (36 % en 2022 contre 28 %). Le taux de détention est très élevé chez les épargnants les plus jeunes (60 % pour les -35 ans). Cette tendance devrait s’accroître par la généralisation des fonds ISR sur le marché.

Il est évident que l’ISR est encore peu connu et peu abordé par les conseillers financiers, même si les épargnants considèrent que le sujet mérite d’être pris au sérieux. L’Ifop révèle dans son étude 2023 pour le FIR (Forum pour l’investissement responsable), que seulement 17 % des épargnants connaissent l’ISR. Et pourtant, l’étude indique que 59 % d’entre eux veulent tenir compte des impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements (66 % chez les moins de 35 ans et 50 % chez les plus de 50 ans). Il y a donc une marge de progression importante du conseil en matière d’ISR.

Les standardisations et simplifications, via la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) et le Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR), aident les sociétés de gestion pour juger de la valorisation environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) des entreprises grâce à une base plus claire des données extra-financières brutes. Mais les conseillers et les clients connaissent-ils en majorité la classification SFDR et ce qu’elle signifie ? Connaissent-ils la différence entre les fonds article 8 et les fonds article 9 ? Savent-ils ce que comportent les fonds à impact ou les fonds solidaires ? Sont-ils en mesure de sélectionner un fonds qui exclurait les valeurs de l’armement ou des combustibles fossiles ? Ont-ils déjà entendu parler de la taxonomie européenne ?

Information et pédagogie

Les labels, les associations en faveur de la finance durable et les syndicats professionnels du monde des conseillers en gestion de patrimoine (CGP), notamment, ont conscience de ce travail énorme en termes d’information et de pédagogie et ont entrepris des actions en ce sens.

Ces sujets sont prioritaires pour nombre de cabinets de conseil financier, qui développent une indispensable implication. Pour notre part, nous investissons du temps à parcourir les chartes ESG des sociétés de gestion dont nous proposons les fonds et avons décidé de nous équiper d’un outil de sélection des valeurs selon des critères ESG précis. Nos clients peuvent profiter d’une formation sur le rôle sociétal de l’investisseur et comprendre ce qui est désormais proposé en termes d’investissement responsable, durable ou solidaire. Pour aider l’épargnant à sélectionner un investissement qui a du sens pour lui, notre rôle pédagogique est essentiel.

Plus les conseillers et les investisseurs monteront en compétence, plus le sujet sera vertueux. La finance à impact pourra alors se déployer pour le bien commun.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº885