Crédit Mutuel Arkéa frappé par une cyberattaque

Créé le

05.11.2026

Les pirates seraient passés par la plateforme d’un prestataire pour dérober une centaine de millions d’euros en utilisant le compte propre de l’établissement. Aucun compte de client n’aurait été utilisé.

Moins d’une semaine après le piratage massif de Binance, des hackers ont pris pour cible Crédit Mutuel Arkéa. Le groupe coopératif aux 5,8 millions de sociétaires a confirmé le 4 novembre avoir subi une cyberattaque ayant permis la réalisation d’opérations frauduleuses. L'affaire a éclaté grâce aux révélations de ZachXBT, un enquêteur et analyste sur les blockchains. Ce dernier a affirmé avoir repéré un vol au Crédit Mutuel Arkéa d’au moins 133 millions de dollars ayant transité en crypto-actifs. Le groupe a validé « l’ordre de grandeur » et indiqué qu’une partie des fonds a pu être bloquée tout en menant des actions pour tenter de les récupérer.

Un prestataire comme porte d’entrée

La banque a précisé que les pirates ont utilisé le compte propre de Crédit Mutuel Arkéa pour effectuer des transactions vers d’autres acteurs bancaires. Les sommes auraient ensuite pu être converties en cryptomonnaies via des plateformes spécialisées. Aucun compte de client n’aurait été utilisé. Le groupe précise également que Fortuneo n’a pas constitué la porte d’entrée de l’attaque, contrairement à certaines informations initiales publiées dans la presse. Les attaquants seraient passés par la plateforme d’un des prestataires pour atteindre directement Crédit Mutuel Arkéa.

La section cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête le 4 novembre, après le dépôt d’une plainte du groupe dans la matinée. Les investigations, confiées à l’Office anticybercriminalité (OFAC), portent sur une atteinte à un système de traitement automatisé de données en bande organisée. Elles doivent permettre de déterminer précisément l’origine et le mode opératoire de l’attaque contre le Crédit Mutuel Arkéa. Le groupe, dont le bilan s’élève à 211,5 milliards d’euros, estime que les montants en jeu ne sont pas de nature à remettre en cause sa solidité financière.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº922