Peu confiants, les Français boudent le crédit

Créé le

06.03.2026

Le taux de détention d’emprunts de tout type pour les ménages atteint un plus-bas historique en 2025. Incertitude et sentiment de dégradation prédominent.

En nette baisse. Le taux de détention des crédits a de nouveau reculé en 2025 pour atteindre un plus-bas historique, d’après la 38e édition de l’Observatoire des crédits aux ménages réalisé par la Fédération bancaire française (FBF) et l’Association française des sociétés financières (ASF). Ainsi 40,4 % des ménages français sont détenteurs d’un crédit immobilier et/ou à la consommation. C’est 380 000 de moins que l’année précédente. La baisse concerne tous les types de prêts, à la consommation et immobilier, et, sur ce segment, tous les types d’affectation : pour une résidence principale, secondaire, un investissement locatif ou des travaux.

« Sans surprise, le sentiment des ménages est plutôt celui d'une dégradation de leur situation financière », pointe Michel Mouillart, professeur d’économie émérite à l’Université et auteur du rapport. A cela s’ajoute une incertitude ambiante qui incite à la prudence. Historiquement, le taux de détention évolue autour de 50 % ou plus mais il connaît depuis 2010 une érosion liée à la réforme du marché du crédit à la consommation (lois Lagarde et Hamon).

Moins de primo-accédants

Fait notable, après les crédits souscrits par carte ou auprès d’un vendeur, ce sont désormais les financements obtenus auprès d’une banque ou d’un organisme de crédit qui diminuent rapidement. De plus, depuis 2020, 2021, le taux de détention de prêts immobiliers recule également, notamment du fait de la baisse du nombre de primo-accédants.

Les perspectives pour le premier semestre 2026 ne sont guère meilleures : 2,8 % des ménages interrogés déclarent vouloir prendre un crédit immobilier et 3 % un crédit à la consommation. « Ça n'a jamais été aussi faible », déplore Michel Mouillart.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº915