Ces derniers mois n’auront pas été de tout repos pour les acteurs du crédit à la consommation : la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt ont pesé sur le comportement des ménages, ainsi que sur les organismes de prêts et leur profitabilité. Il leur a fallu faire preuve de davantage de sélectivité et prendre des mesures d’adaptation interne. Dans le même temps, les leaders du secteur ont dû investir pour répondre toujours davantage aux attentes des consommateurs, notamment en matière de digitalisation des parcours clients, de personnalisation et de simplification des offres à l’heure du « self-care ». Il a aussi fallu travailler sur des solutions technologiques, y compris via l’intelligence artificielle, sans oublier les attentes des régulateurs en matière de transparence et de protection de l’intérêt des consommateurs.
Parallèlement, la concurrence s’est encore accrue avec l’arrivée sur ce marché de nouvelles start-up et surtout des spécialistes du Buy Now Pay Later (BNPL). Heureusement, dans le cadre de la transposition de la directive Crédit Consommation, le régulateur a prévu d’imposer un traitement égal à tous les acteurs qui jouent sur le même terrain, selon le principe du level playing field : mêmes règles, mêmes contraintes, mêmes contrôles.
Le retour à une inflation mieux contrôlée depuis quelques mois et la poursuite attendue de l’assouplissement monétaire promet des jours meilleurs pour le crédit à la consommation en 2025. Les perspectives ne sont toutefois pas outrageusement positives, notamment en France. Même si le taux de chômage est historiquement bas, les inquiétudes sur l’emploi avec l’annonce de plusieurs importants plans sociaux dans différents secteurs (automobile, distribution...) vont peser. Tout comme les incertitudes politiques, qui incitent les ménages à la prudence et à l’épargne. La situation des finances nationales risque aussi d’avoir un impact négatif sur certains dispositifs d’aides publiques.
Assurément utile, le crédit à la consommation !
L’économie française devra davantage encore compter sur l’intervention des acteurs du crédit à la consommation auprès des ménages. Alors qu’à la différence d’autres pays, en Europe ou ailleurs, ils n’ont, pas toujours eu bonne presse dans, notamment pour des raisons culturelles, il sera plus que jamais nécessaire de souligner à quel point cet apport des prêteurs privés constitue un véritable levier de croissance. Ce levier de soutien à la croissance veille toutefois à rester raisonnable pour ceux qui, comme BNP Paribas Personal Finance, ont fait du crédit responsable leur credo et de la lutte contre le surendettement et pour la protection des consommateurs leur quotidien, en lien avec la Banque de France.
Au moment où l’on peut espérer que le crédit à la consommation puisse jouer pleinement un rôle de partenaire d’une croissance fragile, il serait essentiel que les autorités de régulation n’ajoutent aucun handicap artificiel à cette dynamique. Une question légitime à l’heure de la nouvelle directive. Par exemple, vouloir soumettre au comparatif de taux annuel effectif global (TAEG) la location avec option d’achat ou LOA – notamment dans l’automobile où elle représente près de 90 % des achats de véhicules neufs sur le lieu de vente et un quart des occasions – est totalement inadapté car ce type de financement intègre l’option de reprise (ou non) du véhicule. De même, soumettre au taux d’usure classique la LOA est un non-sens. Il serait bien plus pertinent de créer sur ce sujet une catégorie spécifique y compris pour l’usure comme cela existe pour les crédits immobiliers ou les crédits à la consommation.
Le régulateur doit prendre en compte
les besoins de la société
Le régulateur devrait aussi tenir davantage compte de l’évolution de la société et notamment de sa digitalisation. Pourquoi vouloir encore exiger du consommateur de produire un justificatif de domicile ou une fiche de paye avant d’obtenir un crédit alors que les deux sont maintenant complètement falsifiables sur internet ? Pourquoi ne pas adapter les textes en demandant juste au préteur d’utiliser les nouveaux moyens digitaux mis à sa disposition (open banking après consentement, identité numérique européenne...) pour vérifier avec certitude ces éléments et éviter les fraudes ?
Le dialogue avec le régulateur concerne aussi le financement en crédit affecté de la rénovation énergétique, afin de bien fixer les limites de la responsabilité du prêteur en cas d’insolvabilité du vendeur. Sans amélioration sensible des conditions d’exercice de cette activité de financement, le marché français, déjà instable, pourrait se retrouver à court de crédit responsable faute de prêteur de qualité.
Pourtant, sur ces sujets – mobilité, énergie... – comme sur d’autres, s’il est une tendance que 2025 devrait souligner pour les leaders du crédit à la consommation, c’est leur rôle positif d’accélérateur dans la transformation de notre société. Ils accompagnent ainsi l’évolution des modes de consommation, en passant de la propriété à l’usage – via la location ou l’abonnement –, par exemple dans la téléphonie ou l’informatique, permettant ainsi de réduire l’impact carbone et aussi de lutter pour l’inclusion contre la fracture numérique.
Ce mouvement est encore plus spectaculaire dans la mobilité durable. Avec Cetelem, BNP Paribas Personal Finance a lancé une offre de LOA sur 120 mois pour permettre d’acquérir une automobile peu polluante. Aussi même les gens à faibles revenus peuvent continuer à circuler, y compris dans les zones à faibles émissions, de plus en plus nombreuses dans les grandes agglomérations françaises. Cette initiative, totalement novatrice et inclusive, a précédé, sinon inspiré le lancement par le gouvernement du leasing social. Un franc succès, mais à l’impact forcément limité compte tenu des contraintes budgétaires.
Pour les ménages exclus du système bancaire, il est même proposé de financer, grâce à l’accompagnement de partenaires associatifs ou institutionnels, l’acquisition d’un véhicule moins polluant, dans le cadre du dispositif de microcrédit personnel spécifique « Véhicules Propres ».
Le fort enjeu de la rénovation énergétique
des logements
Ce rôle de facilitateur de transformation est aussi vrai pour d’autres domaines, par exemple celui des équipements énergétiques pour le logement afin de réduire les émissions de carbone et de lutter contre le dérèglement climatique : nouvelle chaudière, changement de fenêtres, isolation, installation d’une pompe à chaleur, etc. Les besoins des ménages français en la matière sont énormes. C’est aussi un sujet d’inclusion à l’heure des tensions sur les prix de l’énergie et du poids du reste à charge.
Comme pour la transition vers des mobilités plus douces, un tel accompagnement financier passe aussi par la coopération avec les Pouvoirs publics, avec des dispositifs comme « Maprimerénov », les PTZ, les Prêts Travaux Bonifiés avec notre partenaire EDF, le Prêt Confort Habitat, malgré les contraintes budgétaires nationales qui vont peser sur ces financements. En veillant aussi au sérieux et à la qualité des prestataires et installateurs et en luttant contre les pratiques commerciales parfois douteuses, en quête simplement de primes d’État, ce qui pèse sur la confiance des ménages.
Si ces différents points sont corrigés, le crédit à la consommation, du financement des mobilités durables jusqu’à la rénovation énergétique, pourrait bien jouer dès 2025 un rôle crucial dans la nécessaire transformation de notre environnement et dans le soutien à l’économie. Une accélération vers un monde plus inclusif et plus durable, plus respectueux de la planète et de ses habitants.