L’année dernière, Tracfin a déjoué davantage de fraudes. Le service français chargé du renseignement financier et de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a transmis 4 057 notes à ses partenaires, soit une hausse de plus de 10%. Parmi elles, 59 “signalements globalisés” ont porté sur 12 079 cibles, soit plus du double de 2023. Ces alertes rapides, centrées sur des thèmes comme la dissimulation de revenus, le travail dissimulé ou les jeux d’argent, permettent aux services fiscaux, sociaux et douaniers de mieux orienter leurs contrôles et d’arrêter plus vite les aides ou les prestations indues.
Une collaboration active avec le Parquet
Parallèlement, Tracfin a envoyé plus de 50 notes stratégiques à des administrations et autorités de contrôle, leur permettant de renforcer l’efficacité des enquêtes et de la prévention. Le service a poursuivi son action contre les sociétés éphémères, créées pour blanchir des fonds issus de la criminalité organisée avant de les faire sortir du territoire national. Après une phase de test en 2023, Tracfin a largement développé ce dispositif en 2024, en étroite collaboration avec les Parquets de Paris et d’Île-de-France. L’organisme a ainsi émis 288 droits d’opposition – un record – visant les comptes bancaires de 261 sociétés “lessiveuses” (sociétés éphémères dédiées au blanchiment, ndlr), contre 132 en 2023. La saisie pénale a porté sur un montant de 25,3 millions d’euros grâce à 253 notes d’information dans le cadre d’un dispositif de “circuit court”.