Au premier trimestre, les performances des grands groupes ont été contrastées. Le résultat de BNP Paribas a baissé de 2,2 %, sur un an, à 3,103 milliards d’euros, à la suite du plongeon de 20,4 % des activités Fixed Income, Currencies & Commodities (FICC) affectées par la normalisation des marchés, après une forte activité début 2023. Le pôle Commercial, Personal Banking & Service a stagné malgré des réseaux bancaires en Europe-Méditerranée solides. Impactés par la non-rémunération des réserves obligatoires et les bons émis par l’État belge, le produit net bancaire (PNB) et les revenus d’intérêt en Belgique ont chuté respectivement de 8,6 % et 11 %. En France, ils ont diminué de 1,9 % et 8 %. La normalisation du prix des véhicules d’occasion à un niveau élevé a affecté Arval (-5,8 %). Le pôle Gestion Institutionnelle et Privée, Assurance est resté stable.
Le bénéfice de Société Générale s’est contracté de 21,7 % à 680 millions, pénalisé par les activités Taux, Crédit et Change, en chute de 16,7 %, mais aussi par les métiers titres, en baisse de 23,3 % à cause d’un effet de base défavorable lié, entre autres, à des réévaluations de participations. Portée par LeasePlan, la Banque de détail à l’international, Services de mobilité et leasing a progressé de 3,9 %. La Banque de détail en France, Banque Privée et Assurances a reculé de 3,9 % hors PEL/CEL. La marge nette d’intérêt (MNI) s’est érodée de 2,9 % sur un an, mais a crû de 3,1 % par rapport à fin 2023. La banque de La Défense a comptabilisé 84 millions de perte nette sur autres actifs, en lien essentiellement avec la cession de Société Générale Marocaine de Banque et de La Marocaine Vie. Consécutivement à une provision sur encours douteux de 499 millions, son coût du risque a doublé de 13 à 27 points de base.
Mis à part l’érosion de 1 % du PNB consolidé des Caisses régionales et de 3 % de l’activité FICC de Crédit Agricole SA (CASA), Groupe Crédit Agricole affiche une santé de fer. Son résultat a bondi de 38,4 % à 2,592 milliards. Au niveau de CASA, la Banque de proximité hors Italie (+35,8 %) a été portée par l’Égypte (+47,4 %). Le Crédit à la consommation (+31,2 %) a bénéficié de la consolidation à 100 % de CA Auto Bank. Soutenu par l’intégration d’ISB et d’effets marchés favorables, CACEIS a affiché un niveau record d’encours conservés et administrés.
Une dynamique en trompe-l’œil
Les revenus de BPCE, ont, eux, reculé de 1 % à 5,753 milliards. Les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne (-5 %) ont pesé sur la Banque de proximité et Assurance (-4 %), leur MNI ayant décliné de 11 % et 20 %. A contrario, les revenus de la Gestion d’actifs et de fortune se sont accélérés de 7 % sous l’impulsion d’une base d’actifs sous gestion plus élevée. La Banque de Grande Clientèle (+3 %) a été soutenue par les activités Global Finance (+ 11 %) et Investment Banking et M&A (+14 %). Le résultat du groupe mutualiste a grimpé de 64% à 875 millions, ses frais ayant diminué de 9,5 %.
Nourrie par l’absence de contribution au Fonds de Résolution Unique (FRU) en 2024, cette dynamique baissière des charges au premier trimestre, qui concerne les quatre banques, est un trompe-l’œil. En excluant le FRU, les charges sous-jacentes sont plutôt à la hausse. Elles ont augmenté de 5,4 % chez Crédit Agricole et de 4 % chez BPCE. Retraités de divers frais d’intégration et de la baisse de ceux liés au FRU, les frais généraux de Société Générale sont en hausse de 3,4 %. Après retraitements, dont le FRU, les charges sous-jacentes de BNP Paribas ont ralenti de 1,5 %.