Banques françaises

La fin de la contribution au FRU améliore les résultats

Créé le

24.05.2024

Au premier trimestre, les performances des grands groupes ont été contrastées. Le résultat de BNP Paribas a baissé de 2,2 %, sur un an, à 3,103 milliards d’euros, à la suite du plongeon de 20,4 % des activités Fixed Income, Currencies & Commodities (FICC) affectées par la normalisation des marchés, après une forte activité début 2023. Le pôle Commercial, Personal Banking & Service a stagné malgré des réseaux bancaires en Europe-Méditerranée solides. Impactés par la non-rémunération des réserves obligatoires et les bons émis par l’État belge, le produit net bancaire (PNB) et les revenus d’intérêt en Belgique ont chuté respectivement de 8,6 % et 11 %. En France, ils ont diminué de 1,9 % et 8 %. La normalisation du prix des véhicules d’occasion à un niveau élevé a affecté Arval (-5,8 %). Le pôle Gestion Institutionnelle et Privée, Assurance est resté stable.

Le bénéfice de Société Générale s’est contracté de 21,7 % à 680 millions, pénalisé par les activités Taux, Crédit et Change, en chute de 16,7 %, mais aussi par les métiers titres, en baisse de 23,3 % à cause d’un effet de base défavorable lié, entre autres, à des réévaluations de participations. Portée par LeasePlan, la Banque de détail à l’international, Services de mobilité et leasing a progressé de 3,9 %. La Banque de détail en France, Banque Privée et Assurances a reculé de 3,9 % hors PEL/CEL. La marge nette d’intérêt (MNI) s’est érodée de 2,9 % sur un an, mais a crû de 3,1 % par rapport à fin 2023. La banque de La Défense a comptabilisé 84 millions de perte nette sur autres actifs, en lien essentiellement avec la cession de Société Générale Marocaine de Banque et de La Marocaine Vie. Consécutivement à une provision sur encours douteux de 499 millions, son coût du risque a doublé de 13 à 27 points de base.

Mis à part l’érosion de 1 % du PNB consolidé des Caisses régionales et de 3 % de l’activité FICC de Crédit Agricole SA (CASA), Groupe Crédit Agricole affiche une santé de fer. Son résultat a bondi de 38,4 % à 2,592 milliards. Au niveau de CASA, la Banque de proximité hors Italie (+35,8 %) a été portée par l’Égypte (+47,4 %). Le Crédit à la consommation (+31,2 %) a bénéficié de la consolidation à 100 % de CA Auto Bank. Soutenu par l’intégration d’ISB et d’effets marchés favorables, CACEIS a affiché un niveau record d’encours conservés et administrés.

Une dynamique en trompe-l’œil

Les revenus de BPCE, ont, eux, reculé de 1 % à 5,753 milliards. Les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne (-5 %) ont pesé sur la Banque de proximité et Assurance (-4 %), leur MNI ayant décliné de 11 % et 20 %. A contrario, les revenus de la Gestion d’actifs et de fortune se sont accélérés de 7 % sous l’impulsion d’une base d’actifs sous gestion plus élevée. La Banque de Grande Clientèle (+3 %) a été soutenue par les activités Global Finance (+ 11 %) et Investment Banking et M&A (+14 %). Le résultat du groupe mutualiste a grimpé de 64% à 875 millions, ses frais ayant diminué de 9,5 %.

Nourrie par l’absence de contribution au Fonds de Résolution Unique (FRU) en 2024, cette dynamique baissière des charges au premier trimestre, qui concerne les quatre banques, est un trompe-l’œil. En excluant le FRU, les charges sous-jacentes sont plutôt à la hausse. Elles ont augmenté de 5,4 % chez Crédit Agricole et de 4 % chez BPCE. Retraités de divers frais d’intégration et de la baisse de ceux liés au FRU, les frais généraux de Société Générale sont en hausse de 3,4 %. Après retraitements, dont le FRU, les charges sous-jacentes de BNP Paribas ont ralenti de 1,5 %.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº893
Sans le FRU, les charges baissent de façon mécanique au premier trimestre 2024
$!La fin de la contribution au FRU améliore les résultats