Les annonces de levées de fonds se multiplient sur la dette privée en Europe. En juin, Eurazeo clôturait son septième millésime en collectant 3,9 milliards d’euros, bien au-delà de ses objectifs initiaux et avec plus de 60 % de souscripteurs internationaux. En août, Bridgepoint dépassait les 5 milliards d’euros pour son quatrième fonds de direct lending. Et en septembre, Goldman Sachs franchissait les 10 milliards de dollars pour sa stratégie de dette privée evergreen. La liste n’est pas exhaustive.
Face aux turbulences américaines et aux restrictions de rachat décidées cette année par plusieurs fonds aux États-Unis, le Vieux Continent fait mieux que résister. « L’Europe offre un profil de crédit structurellement plus prudent et plus résilient avec un moindre recours à l’effet de levier et un apport fort en fonds propres dans les opérations financées », estime Éric Gallerne, Managing Partner dette privée chez Eurazeo. « En dépit des gros titres, l’appétit des investisseurs internationaux se confirme. L’Europe et la France restent attrayantes. Le marché est profond et nous avons au moins dix ans de croissance devant nous », poursuit-il.
Confirmation de cet intérêt grandissant : l’américain Apollo a dévoilé cette semaine le lancement d’une plateforme consacrée au crédit privé en Europe. ECC (European Credit Company) démarre ses activités avec une capacité de financement supérieure à 10 milliards d’euros, avec l’objectif de « contribuer à répondre aux besoins sans précédent que connaît l’Europe, liés à sa renaissance industrielle ».