L’année 2025 aura été faste en fusions-acquisitions dans le secteur bancaire outre-Atlantique. Les banques américaines ont en effet annoncé plus de 170 opérations, soit plus qu’au cours des trois dernières années, et la taille des opérations est aussi à la hausse.
Cette consolidation est grandement facilitée par des autorités réglementaires qui voient les grands deals de M&A du secteur d’un bien meilleur œil que ne le fit l’administration Biden, comme en témoignent l’assouplissement du contrôle des fusions bancaires et la réduction des délais d’approbation des transactions. De nombreux accords de fusion visent désormais des clôtures de trois à six mois.
Profiter de l’effet d’échelle
Autre facteur de consolidation, les exigences de compétitivité. Comme l’a expliqué le secrétaire au Trésor Scott Bessent le 8 janvier dernier, devant le Club économique du Minnesota : « Depuis 2010, près de la moitié des banques communautaires ont disparu. La conséquence involontaire du principe du “too big to fail” ou trop gros pour faire faillite a été le “trop petit pour réussir”. Le président Trump a donc pris des mesures pour permettre aux petites banques de rivaliser à armes égales avec leurs concurrents plus importants. »
Dans un paysage bancaire éclaté de plus de 4 400 établissements dominé par les géants de Wall Street, ces rapprochements stratégiques sont une question de survie. Les investissements technologiques et le développement de l’IA les poussent aussi à la consolidation. Les fusions-acquisitions touchent donc à la fois les petits établissements locaux qui se regroupent pour affronter ces enjeux et les grandes banques régionales qui cherchent à renforcer leur couverture géographique régionale et nationale.
Retour des mégafusions bancaires
Outre l’acquisition de Discover par Capital One pour 35,3 milliards de dollars, annoncée en 2024 mais finalisée en mai dernier, les méga deals sont de retour (voir graphique). Le rachat de Comerica par Fifth Third, pour 10,9 milliards de dollars, doit donner naissance à la neuvième banque américaine, avec 288 milliards de dollars d’actifs. À noter également l’acquisition de Veritex et Cadence par Huntington, la fusion de Synovus et Pinnacle Financial ainsi que le rachat de FirstBank par PNC. Au total, le montant des opérations de fusions-acquisitions dépasse les 45 milliards de dollars, un record depuis 2021.
Cette tendance devrait se poursuivre en 2026, année qui s’ouvre avec l’annonce par OceanFirst et Flushing Financial d’un accord visant à créer une banque de 23 milliards de dollars d’actifs.