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Consolidation bancaire : chemins opposés dans le sud de l’Europe

Créé le

20.08.2025

UniCredit a renoncé à son offre sur Banco BPM. A l’inverse, BBVA persiste dans sa volonté d’acquisition de Sabadell.

L’été n’aura décidément pas été de tout repos pour les banques du sud de l’Europe. Côté italien, le numéro deux bancaire UniCredit a jeté l’éponge dans sa course au rachat du numéro trois Banco BPM, à la veille de l’expiration de l’offre publique d’échange. Suite à un conseil d’administration le 22 juillet dernier, la banque italienne a indiqué dans un communiqué que « le processus normal de l’offre a été perturbé par la disposition relative au Golden Power (NDLR : dispositif destiné à protéger les entreprises opérant dans des secteurs stratégiques), défendue avec insistance par la direction de BPM, empêchant UniCredit de dialoguer avec les actionnaires de BPM comme le permettrait tout processus d’offre normal. » « Il s’agit là d’une occasion manquée non seulement pour les parties prenantes de BPM, mais aussi pour les entreprises, les communautés et l’économie italienne dans son ensemble. UniCredit reste convaincu que la consolidation du secteur bancaire italien serait bénéfique tant pour le pays que pour l’Europe dans son ensemble. » Cette volte-face clôt ainsi un feuilleton de huit mois qui aura tenu en haleine la communauté financière transalpine et, plus largement européenne.

Le rôle des exécutifs et de l’Europe

Dans le cas d’UniCredit, comme dans celui du rapprochement entre BBVA-Sabadell en Espagne, l’exécutif s’est montré réticent dès l’annonce des deux opérations, suscitant la méfiance de l’Union européenne : la Commission européenne, qui avait approuvé sous conditions le rachat de Banco BPM par son concurrent le 19 juin dernier, s’est ainsi fendu d’un courrier au gouvernement italien mi-juillet pour lui faire part de son avis préliminaire selon lequel le pays pourrait enfreindre les règles européennes sur les concentrations. Mi-juillet, c’était aussi au tour de l’Espagne de se faire retoquer par les autorités bruxelloises sur ses pratiques en matière de fusions bancaires : Madrid a interdit à BBVA et Sabadell de fusionner pendant une période de trois ans minimum, prolongeable à cinq ans, et de maintenir des entités juridiques et des actifs distincts ainsi qu’une autonomie de gestion pendant ce laps de temps.

Sabadell sert ses actionnaires, BBVA insiste

Bien décidée à contre-attaquer, BBVA a déposé un recours auprès de la Cour suprême espagnole le 15 juillet pour contester la décision du gouvernement de Pedro. Sanchez. D’autres obstacles se sont aussi invités dans l’offre publique d’achat (OPA) : les actionnaires de Sabadell ont approuvé le 6 août la vente de sa filiale britannique TSB à Santander, ainsi que la distribution d’un dividende exceptionnel de 2,5 milliards d’euros.

Rien qui ne puisse faire changer d’avis le numéro deux bancaire espagnol. Le 11 août, BBVA a communiqué au régulateur son intention de poursuivre son offre sur sa rivale. La banque de Carlos Torres Vila prévoit de lancer l’OPA début septembre, après l’obtention du feu vert de la CNMV, le régulateur espagnol.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº907