HSBC, une banque atypique...

Brendan Nelson, un intérimaire devenu « plein » patron

Créé le

17.12.2025

Il avait vocation à n’être que de passage. À 76 ans, finalement, il va rester !
HSBC a donc un nouveau président au profil atypique.

S’il occupait le poste de président par intérim depuis octobre, Brendan Nelson n’était pas pour autant le candidat idéal au poste de président de la banque sino-britannique HSBC. Quelques heures seulement avant l’annonce de sa nomination, le directeur général d’HSBC Georges Elhedery lui-même signalait, lors d’une conférence, que Brendan Nelson ne souhaitait pas présider la banque durant la totalité d’un mandat. C’est dire la surprise avec laquelle sa nomination a été unanimement accueillie, début décembre...

Retour en arrière. Ancien président d’HSBC, Mark Tucker annonce en juin dernier son départ pour l’assureur asiatique AIA à compter de septembre. La procédure de recrutement pour son remplacement s’est avérée un véritable casse-tête tout au long des sept mois de recherche, provoquant quelques haussements de sourcils de la part d’observateurs questionnant l’efficacité des actions du conseil d’administration. Selon la presse financière anglo-saxonne, les grands pontes de la finance ont tour à tour été contactés ou ont démontré leur intérêt : les noms de Kevin Sneader, président d’Asie Pacifique hors Japon chez Goldman Sachs ou de George Osborne, ancien Chancelier de l’Échiquier britannique, ont circulé. Mais aucun des candidats n’a été retenu, soit par désaccords sur les émoluments, mauvais timing ou encore manque d’expérience pour le rôle...

Il n’a jamais dirigé de banque

Le conseil d’administration a donc finalement tranché pour un homme du sérail : Brendan Nelson avait rejoint le conseil d’administration d’HSBC le 1er septembre 2023, avant de prendre, en février 2024, la présidence du comité d’audit du groupe bancaire. Avant cela, le professionnel a passé plus de 25 ans au sein du cabinet de conseil et d’audit KPMG où il a endossé différents rôles, y compris ceux de président mondial du secteur bancaire, puis des activités financières.

À la différence de son prédécesseur Mark Tucker, qui fut aussi directeur général de l’assureur britannique Prudential, Brendan Nelson ne possède pas d’expérience préalable dans la direction ou la présidence d’un grand groupe financier. Pas plus qu’il n’est un expert de l’Asie, principal moteur de croissance du groupe bancaire. Son âge, 76 ans, fait aussi douter de sa capacité à multiplier les déplacements dans le monde, incontournables dans un groupe bancaire à la dimension internationale. Les observateurs lui prêtent néanmoins une grande éloquence, mise à profit durant les conseils d’administration et une capacité à simplifier les problèmes complexes. Une qualité cruciale dont il pourrait se servir dans ses fonctions.

Des litiges à la réorganisation

Géant bancaire à la structure compliquée, HSBC a maintes fois fait la une des pages financières en raison de son positionnement singulier : un siège britannique et des origines asiatiques. En juin 2020, le soutien d’HSBC à la loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong avait fait couler beaucoup d’encre. La multiplication des litiges, parfois anciens, continue aussi à entacher la réputation de la banque. Fin octobre, HSBC a ainsi annoncé qu’elle allait comptabiliser une provision de 1,1 milliard de dollars dans ses résultats du troisième trimestre à la suite d’un jugement rendu le 24 octobre 2025 par la Cour de cassation du Luxembourg dans le cadre du litige l’opposant au fonds Herald Fund SPC, lié à la fraude financière orchestrée par Bernard Madoff. La banque devrait aussi signer prochainement une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) avec le Parquet national financier français à hauteur de 300 millions de dollars, pour éviter un procès dans le scandale des fraudes aux dividendes, dits CumCum, selon Bloomberg.

L’un des principaux rôles de Brendan Nelson sera aussi de superviser le travail du directeur général Georges Elhedery, qui a embarqué le groupe dans une stratégie de rationalisation depuis l’automne 2024. À compter du 1er janvier 2025, HSBC a restructuré ses opérations en quatre lignes d’activité distinctes : Hong Kong, le Royaume-Uni, la banque d’entreprise et institutionnelle, et enfin la gestion de fortune et de patrimoine à l’international. La feuille de route s’annonce d’ores et déjà bien compacte.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº911-912