Les trompettes de la victoire s’éloignent. Sur le dossier Commerzbank, Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, a annoncé partager « l’avis du ministre des Finances selon lequel une approche non coordonnée et hostile comme celle du groupe UniCredit est inacceptable ». Dans la foulée, le 11 juin, Andrea Orcel, le directeur général d’UniCredit a mis un bémol aux projets d’acquisition de la banque italienne. Dans le cadre d’une conférence organisée par Goldman Sachs, il juge désormais Commerzbank, dans laquelle UniCredit a accumulé une participation de 28 %, « trop chère ». « Nous sommes loin » d’une offre publique d’achat, a-t-il indiqué lors d’un entretien sur la chaîne CNBC suite à la conférence, estimant que « le cours de l’action a largement dépassé les fondamentaux ».
Depuis l’offensive menée par le numéro deux italien, l’action Commerzbank a plus que doublé. « Nous sommes très satisfaits du gain réalisé sur les 30 % ». À plusieurs reprises, Andrea Orcel a indiqué qu’il pourrait vouloir attendre jusqu’en 2027, date à laquelle le prêteur allemand vise un rendement des capitaux propres de 13,6 % et un bénéfice de 3,8 milliards d’euros.
La Grèce à défaut d’Italie ?
Cette temporisation intervient alors même qu’UniCredit doute de la réussite de son offensive sur son sol domestique. Andrea Orcel estime désormais que les chances de finaliser l’offre de rachat du numéro quatre italien Banco BPM ne sont pas supérieures à 20 %. Un pessimisme à mettre en relation avec les conséquences de l’utilisation du Golden Power, brandi par le gouvernement italien au nom de la protection de la sécurité nationale.
Loin de battre en retraite, UniCredit a tout de même décidé de consolider ses positions en Grèce : la deuxième banque italienne a doublé sa participation dans Alpha Bank fin mai, à près de 20 %. Fin 2023, UniCredit était devenu le principal actionnaire de l’établissement, en rachetant la participation du fonds de sauvetage bancaire grec pour 293,5 millions d’euros.