Solutions d’Épargne

Une nécessaire convergence entre épargne salariale et épargne retraite

Créé le

28.11.2022

La dynamique post-loi PACTE a créé une attente dans
les domaines de l’épargne
et de la retraite individuelle comme collective. Mais comment faire converger
les offres et les parcours
sur des systèmes vieillissants faisant l’objet de solutions séparées ? Il existe des opportunités de synergies
et des plateformes
pour répondre aux attentes des clients.

Les salariés sont en attente d’une vision agrégée et simplifiée de leur épargne salariale (ES) et de leur épargne retraite (ER) de base, complémentaire et supplémentaire.

La convergence des offres et des systèmes d’information (SI) doit viser à fournir une vision 360 degrés aux clients particuliers et salariés, l’agrégation de comptes vis-à-vis des fournisseurs externes, ainsi que des services non financiers via des partenariats.

Afin d’en faciliter l’accès, un portail unique devient incontournable pour mettre en place des parcours digitaux communs ES-ER collective incluant les différentes composantes de l’épargne (offres proposées par les entreprises, mais souvent mal connues).

Cette convergence donne la possibilité de mettre à disposition des offres pertinentes aux différents moments de vie des salariés et des particuliers : court terme (achats, voyages...), moyen terme (financement des études des enfants, achat immobilier...), long terme (retraite, succession...). En effet, cette approche « holistique », en fonction des besoins et projets, améliore la compréhension des salariés/particuliers et des partenaires sociaux sur les différents types d’offres d’ER, fonction de l’horizon de temps associé.

Des offres avec des grilles d’allocation d’actifs et des sous-jacents (euro, UC, OPC...) communs à l’ES et l’ER facilitent et accélèrent la compréhension par les salariés/particuliers des instruments financiers dans lesquels leur épargne est investie.

Ces simplifications renforcent l’efficacité des centres de gestion avec des processus plus efficaces et plus automatisés, de meilleure qualité et sans goulot d’étranglement. Un exemple phare est celui de la libre transférabilité, promue par la loi PACTE. L’existence de transferts entrants et sortants rapides constitue une attente prioritaire des clients. Optimiser ce sujet, c’est répondre à une source actuelle d’insatisfaction et diminuer le risque d’attrition.

Il convient également de leur donner la possibilité de faire appel à un conseiller dans une approche « phygitale » autour de la retraite et de la fiscalité associée lors de moments clés : préparation de la retraite au moment du pivot ou quelques années avant, optimisation fiscale, notamment pour les choix de sorties en rente/capital/mixte, successions...

Enfin, un module de formation avec une approche pédagogique, voire ludique, est désormais un incontournable pour que les salariés/particuliers améliorent leur compréhension des instruments financiers adaptés à leur épargne, mais aussi qu’ils puissent bénéficier de toutes les informations associées à la préparation de la retraite – en bonne place parmi les sources d’inquiétude des Français.

Cette convergence donnera la possibilité d’améliorer le taux de pénétration dans les entreprises les moins équipées, en l’occurrence les TPE et PME de moins de 50 salariés.

Ces offres et parcours plus attrayants, associés à une plus grande efficacité et davantage d’automatismes, fournissent l’occasion d’enrichir l’équipement des TPE-PME notoirement sous-équipées en ES et ER (17 % en 2020, selon l’AFG). En effet, cette convergence constitue une opportunité pour :

– pallier les lourdeurs administratives et le manque d’informations sur les différents dispositifs ;

– répondre à la nécessité d’accompagner la mise en place d’un dispositif à la fois à destination des salariés-épargnants mais aussi des dirigeants d’entreprises ;

– moderniser, par la même occasion, les produits et services en les adaptant à ce segment et en les dotant de parcours digitaux personnalisés ;

– intégrer des solutions technologiques pour alléger ces contraintes et faciliter le suivi et la gestion de l’épargne.

Grâce aux mesures contenues dans la loi PACTE, et notamment la suppression du forfait social pour les TPE-PME, le nombre d’entreprises équipées d’un dispositif d’ES ou d’ER est cependant en forte augmentation : 367 000 entreprises disposent d’un dispositif d’ES et/ou d’ER à juin 2022 (+6,1 % sur un an), avec une progression plus forte pour les PME de moins de 50 salariés (source : AFG, 14 novembre 2022).

Convergence des offres

La convergence des offres ES et ER représente une source d’efficacité pour les acteurs de la place. Elle ouvre la porte à :

– des grilles d’allocations d’actifs homogénéisées ainsi que des UC communes aux offres ES et ER, ce qui réduit d’autant la charge de travail d’ingénierie financière et de mise en marché associée ;

– des dispositifs de formation des commerciaux et de communication en commun améliorant ainsi l’efficacité des commerciaux et réduisant le coût des actions commerciales.

Une modernisation des fronts et des SI de gestion incluant une convergence des plateformes ES et ER associées apparaît ainsi nécessaire. Les fronts et les SI de gestion actuels doivent évoluer de manière constante en fonction des améliorations nécessaires de l’expérience clients et des services associés ainsi que celles liées aux contraintes réglementaires. À titre d’exemple, de 2017 à 2022, ces évolutions représentaient, pour un acteur, un « mur » de 60 M€ d’investissements sur l’ES.

La tendance constatée est celle de la modernisation autour d’un progiciel :

– soit dans le cadre d’usines existantes dont le run tourne autour de 45 à 55 M€ par an refacturés au prorata du nombre de teneurs de comptes et de leurs volumes, mais qui devront investir pour combler les gaps fonctionnels ;

– soit dans le cadre d’une internalisation, pour une convergence en cible de l’ES et de l’ER collective et individuelle, afin de s’affranchir du temps de développement d’un progiciel spécifique qui mobiliserait des ressources clés sur plusieurs années.

L’objectif à terme serait d’avoir un SI unique pour l’ER individuelle, collective et l’ES :

– proposant des parcours clients communs en capitalisant sur les socles communs de fonctionnalités ;

– bénéficiant des synergies existantes entre les trois offres ;

– enrichissant les offres, source de différenciation ;

– ouvert aux échanges, à l’agrégation, aux fintechs ;

– utilisant le levier des nouvelles technologies (IA, RPA...).

Ces nouvelles solutions modernes constituent le facteur clé d’amélioration du Time to Market et deviennent des leviers de succès pour innover dans un marché à la concurrence accrue depuis la loi PACTE. Ils offrent, par leur réactivité, la capacité de faire face aux changements de comportement des régulateurs, des clients, dans un contexte de hausse des taux et de volatilité croissante des marchés.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº874