Stratégie climat : les banques joignent le geste à la parole

Créé le

26.08.2022

-

Mis à jour le

26.09.2022

Engagées à respecter l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, les banques françaises qui ont annoncé des plans stratégiques à moyen terme ambitieux joignent le geste à la parole en matière de transition environnementale. S’étant fixé depuis la fin 2021 des trajectoires de décarbonation applicables à chacun de ses métiers et chacune de ses entités pour dix secteurs de l’économie qu’il finance, Crédit Agricole prévoit, dans son plan stratégique 2025, d’agir pour le climat, avec l’objectif de renforcer la cohésion sociale et la santé et de réussir les transitions agricole et agroalimentaire. Accélérant son soutien aux énergies renouvelables, la banque verte a lancé, fin juin, Crédit Agricole Transitions & Énergies pour rendre les transitions énergétiques accessibles à tous. Regroupant le pilotage des offres et services du groupe dédiés à la transition énergétique, ce nouveau métier s’appuie sur les expertises de la banque en matière de financement des énergies renouvelables et ses partenariats stratégiques, dans le but d’accompagner les clients professionnels, agriculteurs, entreprises, et du secteur public. Services de diagnostic et de conseil, structuration de solutions d’aide à la transition énergétique et de financements des équipements et des infrastructures innovantes, contribution au déploiement des énergies renouvelables ou encore création de nouveaux business models font partie de la riche palette de services de la nouvelle entité.

Un PNB additionnel de plus de 300 millions d’euros en 2024

Du côté de BPCE, la transition environnementale devrait générer un PNB additionnel de plus de 300 millions d’euros en 2024 par rapport à 2020. Déterminé à aligner tous ses portefeuilles sur une trajectoire « net zéro », à accompagner ses clients dans leur transition environnementale et à réduire sa propre empreinte, le groupe a placé dans son plan stratégique 2021-2024, présenté en juillet 2021, le climat comme priorité d’action de tous ses métiers et toutes ses entreprises. Celui-ci prévoit pour sa banque de grande clientèle de multiplier ses revenus verts de 1,7 fois en 2024 par rapport à 2020 et des objectifs ambitieux d’encours sous gestion durable ou à impact ont été fixés. L’institution a récemment créé un centre de finance durable rattaché à sa direction RSE et au service de toutes ses entreprises, à savoir les Banques Populaires, les Caisses d’Épargne, la Casden, le Crédit Coopératif, la Banque Palatine, Natixis Corporate & Investment Banking et Natixis Investment Managers. Cette structure flambant neuve va proposer des initiatives de finance durable aux différentes entités et piloter leur déclinaison dans les divers métiers. La plateforme aura la tâche de définir des outils de mesures, normes et politiques associées.

Acteur économique particulièrement ancré au sein des territoires, Crédit Mutuel Arkéa a fait évoluer sa gouvernance en 2021 pour mieux intégrer les enjeux climatiques dans la stratégie du groupe. Dans son rapport climat, rédigé selon les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), le groupe mentionne avoir consolidé les expertises dédiées à la finance durable et au climat au sein du groupe grâce à des recrutements et des formations et avoir renforcé la prise en compte du climat dans la gestion des risques, en particulier par son intégration au cadre d’appétence au risque. Souhaitant peser dans l’accélération des transitions sociale, environnementale et climatique, le groupe bancaire a créé en 2021 une filière et un Comité de direction générale finance durable. Ce dernier doit proposer au Comex et au Conseil d’administration des orientations stratégiques et des engagements en matière de finance durable alignés sur la raison d’être de l’institution, cadencer la déclinaison de dispositifs cadres afférents à l’ensemble des métiers et processus du groupe, s’assurer de leur bonne intégration et piloter leur exécution.

Afin de réussir leur stratégie climat et la transformation de leur modèle économique, les grands groupes bancaires, comme l’illustrent ces multiples initiatives, n’ont pas d’autre choix que d’embarquer toutes leurs parties prenantes – clients, filiales et dirigeants – dans la transition énergétique en les accompagnant à travers des pôles d’expertise dédiés ou une gouvernance renforcée.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº871