Les banques britanniques retrouvent de l’oxygène. L’affaire des ventes abusives sur certains crédits autos ne se traduira pas par un autre scandale similaire à celui des assurances emprunteurs. Soit un coût pour le secteur bancaire outre-Manche de quelque 50 milliards de livres durant la dernière décennie... Début août, la Cour Suprême examinait trois dossiers dans lesquels les acheteurs de voitures à crédit s’étaient acquittés, sans le savoir, d’une commission rétrocédée par la banque au concessionnaire en plus du prix du véhicule et du prêt.
La plus haute juridiction britannique a globalement estimé que les réclamations des clients contre les banques étaient irrecevables, contredisant la décision de la Cour d’appel émise fin octobre 2024. A cette date, la Cour d’appel britannique avait en effet condamné les banques FirstRand Bank et Close Brothers à rembourser les clients finaux des intérêts qu’ils auraient indûment payés. La Cour Suprême a cependant noté que l’un des trois plaignants était bel et bien fondé à demander compensation, mais pour d’autres motifs que ceux retenus précédemment !
Déjà 2 milliards de livres provisionnés
Dans la foulée, le régulateur britannique, la Financial Conduct Authority, a annoncé le lancement d’une consultation prévue pour le début du mois octobre afin de trouver un dispositif d’indemnisation et régler l’affaire des crédits auto «de manière équitable». Au total, la FCA estime que le coût des indemnisations se situera entre 9 et 18 milliards de livres, un montant très en-deçà des 44 milliards d’indemnisations anticipées par certains analystes. Les premières compensations pourraient intervenir dès le début 2026, avec des estimations d’indemnisation par dossier inférieurs à 950 livres. Les principales banques concernées, y compris le leader Lloyds Banking group mais aussi l’espagnole Santander, avaient déjà provisionné quelque 2 milliards de livres pour couvrir d’éventuelles pertes consécutives au jugement. « Même dans un scénario très défavorable caractérisé par une croissance stagnante des prêts, une détérioration de la qualité des actifs et des indemnités pour vente abusive de crédits automobiles, les banques resteraient rentables » a rassuré Scope Ratings dans une note.